AGONISTES du GLP-1 : Le Tirzépatide plus efficace sur la perte de poids ?
Cette étude, menée par Gubra, une organisation de recherche préclinique et une société de biotechnologie au Danemark, présentée lors de l’European Congress on Obesity (ECO2025), précise les différences de mécanismes du tirzépatide et du sémaglutide, 2 nouveaux médicaments au départ à indication antidiabétique, et de plus en plus largement utilisés pour la perte de poids. Ces nouvelles données de mode d’action sur la dépense énergétique et sur les adaptations métaboliques au traitement, permettent de mieux prévoir les effets de perte de poids de ces médicaments, à plus long terme, après l'arrêt du traitement.
Les médicaments anti-obésité agonistes du GLP-1, comme le sémaglutide ou co agonistes des récepteurs du GIP et du GLP-1 comme le tirzépatide se sont révélés très prometteurs pour la perte de poids et améliorer la santé métabolique. Ces médicaments agissent principalement en supprimant l'appétit et en améliorant le métabolisme du glucose.
Cependant, cette recherche révèle que le tirzépatide augmente temporairement la dépense énergétique alors que le sémaglutide la réduit initialement. Il est important de noter que les changements métaboliques les plus importants surviennent immédiatement après le traitement et disparaissent rapidement après son arrêt.
L’un des auteurs principaux, le Dr Simone Bossi, du département de pharmacologie de Gubra, précise : « Le poids corporel est largement déterminé par l'équilibre entre l'énergie consommée et la quantité d'énergie dépensée. Manger plus et brûler moins d'énergie crée un bilan énergétique positif entraînant une prise de poids, tandis que manger moins et brûler plus crée un bilan négatif, entraînant une perte de poids. Nous savons que le tirzépatide et le sémaglutide font pencher la balance vers un bilan énergétique négatif en réduisant l'appétit et la prise alimentaire ».
Mais après l’arrêt du traitement ?
L’étude, préclinique, est menée chez des souris modèles, nourries avec un régime riche en graisses pendant 20 semaines réparties en 3 groupes de 8 :
- un groupe témoin, sans traitement ;
- un groupe « sémaglutide » (10 nmol/kg) ;
- un groupe tirzépatide (10 nmol/kg).
Les souris ont été traitées durant 4 semaines, suivies d'une période de sevrage de 2 semaines, le régime riche en graisses ayant été maintenu pendant toute cette période. La dépense énergétique a été surveillée en temps réel et en continu par calorimétrie indirecte, par mesures de la consommation d'aliments et d'eau et du niveau d'activité physique. Ces expériences révèlent :
- à 4 semaines de traitement, les animaux témoins présentent une prise de poids moyenne de 2,7 grammes (g) ;
- les modèles traités par tirzépatide et sémaglutide ont perdu respectivement en moyenne 15,6 g et 8,3 g, les effets les plus prononcés étant observés la première semaine ;
- le tirzépatide et le sémaglutide ont également entraîné une réduction notable de la prise alimentaire ;
- le traitement par tirzépatide induit une augmentation significative de la dépense énergétique après 4 jours de traitement, cette augmentation restant élevée tout au long de la 2è semaine avant de revenir progressivement aux valeurs témoins ;
- cette augmentation de la dépense énergétique observée avec le tirzépatide ne s'est pas accompagnée d'une augmentation de l'activité physique, ce qui indique un effet métabolique direct ;
- durant la période de sevrage qui a donc suivi l'arrêt du traitement par tirzépatide, aucune différence durable dans les profils métaboliques n’a été constatée ;
- le traitement par sémaglutide induit une réduction significative de la dépense énergétique au cours des 3 premiers jours de traitement, suivie d'un retour rapide aux valeurs témoins.
« Lorsque les personnes perdent beaucoup de poids, leur organisme utilise souvent moins d'énergie, ce qui peut rendre le maintien du poids plus difficile. Comme observé dans cette étude,
le sémaglutide induit en effet un ralentissement de la combustion d'énergie pendant la perte de poids ».
- le tirzépatide et le sémaglutide induisent tous 2 une augmentation de l'oxydation des graisses et une diminution des taux d'oxydation des glucides, favorisant ainsi la perte de poids. Ces niveaux reviennent aux niveaux de contrôle après 3 semaines puis augmentent à nouveau pendant la période de sevrage, les souris reprenant une prise alimentaire plus élevée.
Pris ensemble, ces résultats suggèrent des adaptations métaboliques distinctes aux traitements par sémaglutide et tirzépatide. Ces deux médicaments favorisent une perte de poids substantielle et favorisent également l'oxydation des graisses. Cependant, alors que le sémaglutide semble initialement ralentir la dépense énergétique pendant la perte de poids,
le tirzépatide augmente temporairement la dépense énergétique.
C'est cette dépense énergétique en début de traitement qui pourrait expliquer pourquoi le tirzépatide a un effet plus marqué sur la perte de poids.
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