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ALIMENTATION et MENTAL : La restriction cause de dépression ?

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 3 semaines
BMJ Nutrition Prevention & Health
Si la restriction alimentaire et certains types de jeûnes ont démontré différents bénéfices, pour la santé métabolique mais aussi pour l’immunité, la longévité et la santé cellulaire, ces régimes hypocaloriques peuvent aussi être associés à un risque accru de symptômes dépressifs (Visuel Adobe Stock 783656695)

Si la restriction alimentaire et certains types de jeûnes ont démontré différents bénéfices, pour la santé métabolique mais aussi pour l’immunité, la longévité et la santé cellulaire, ces régimes hypocaloriques peuvent aussi être associés à un risque accru de symptômes dépressifs. Cet effet « indésirable » peu documenté jusqu’alors, peut en effet survenir avec certains types de restriction alimentaire. C’est la démonstration de cette étude, publiée dans le British Medical Journal (BMJ) Nutrition Prevention & Health.

 

Une alimentation « saine », riche en aliments peu transformés, en fruits et légumes frais, en céréales complètes, en noix, en graines, en protéines maigres et en poisson, est généralement associée à un risque moindre de dépression, tandis qu'une alimentation « malsaine », dominée par les aliments ultra-transformés, les glucides raffinés, les graisses saturées, les viandes transformées et les sucreries, est généralement associée à un risque accru de symptômes dépressifs. Mais qu’en est-il des régimes alimentaires qui, pour des raisons de santé ou médicales, restreignent l'apport calorique ou nutritionnel :

Ces régimes restrictifs sont-ils eux-aussi associés à un risque de symptômes dépressifs ?

 

L’étude analyse les données de 28.525 participants (14.329 femmes et 14 196 hommes) à la cohorte NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey - 2007-2018) ayant renseigné leurs symptômes dépressifs à l’aide de l’échelle de santé PHQ-9. L’analyse révèle que :

 

  • un peu moins de 8 % des participants déclarent des symptômes dépressifs ;
  • 29 % avaient un poids santé ; 33 % étaient en surpoids ; 38 % étaient obèses ;
  • 87 % des participants ne suivaient aucun régime spécifique, 8 % suivaient un régime hypocalorique, 3 % un régime hypo nutritionnel (c’est-à-dire faible en lipides/cholestérol, sucre, sel, fibres ou glucides) et 2 % un régime médical établi (en cas de diabète par ex.) ;
  • plus d'hommes (90 %) que de femmes (85 %) ont déclaré ne pas suivre de régime ;
  • la restriction calorique était plus fréquemment mentionnée par les participants obèses (12 %) et ceux en surpoids (8 %), les régimes alimentaires restrictifs en certains nutriments ou médicalement établis étaient moins fréquemment mentionnés, la proportion d'utilisateurs de ces régimes alimentaires étant à nouveau la plus élevée parmi les participants obèses (3 %) ;
  • les scores PHQ-9 de symptômes dépressifs sont supérieurs de 0,29 point chez les participants suivant un régime restrictif en calories ; et supérieurs de 0,46 point et 0,61 chez les participants obèses suivant respectivement un régime restrictif en calories et en certains nutriments : ici il devient difficile de préciser la part de responsabilité du régime et du statut d’obésité dans l’augmentation des symptômes dépressifs ;
  • les régimes hypocaloriques se révèlent enfin également associés à des scores de symptômes cognitifs et affectifs ou émotionnels plus élevés et les régimes hypo nutritionnels à des scores de symptômes somatiques plus élevés (détresse et anxiété). 

 

Si l’étude est observationnelle et ne démontre donc pas la relation de cause à effet, elle sensibilise aux effets possibles des différents types de restriction alimentaire sur la santé mentale. Les auteurs soulignent que 

les régimes hypocaloriques comme l'obésité entraînent souvent des carences nutritionnelles,

au-delà d’un stress physiologique, ces facteurs étant susceptibles d'exacerber les symptômes dépressifs, notamment les symptômes cognitivo-affectifs. Ensuite, chez de nombreuses personnes la difficulté de perdre du poids ou le cycle de perte et de reprise de poids pourraient aussi contribuer au développement de la dépression.

 

En conclusion, un régime de restriction alimentaire ne devrait être mis en œuvre que sous surveillance d’un professionnel de santé ou de la nutrition.

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