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ANTIBIOTIQUES : L'inosine pour réduire leurs effets indésirables chez le nouveau-né

Actualité publiée il y a 1 année 1 semaine 3 jours
Cell
Cette étude suggère une méthode pour prévenir ou réduire les effets néfastes des antibiotiques sur le système immunitaire des nourrissons (Visuel Adobe Stock 327424812)

Cette équipe de pédiatres et de pharmacologues de l'Hôpital pour enfants de Cincinnati suggère une méthode pour prévenir ou réduire les effets néfastes des antibiotiques sur le système immunitaire des nourrissons : l’étude publiée dans la revue Cell, documente l’efficacité d’une supplémentation en inosine post-antibiotique à préserver le développement du système immunitaire chez le nouveau-né.

 

L'inosine est une substance naturelle, produite par l'intestin, à partir de laquelle nos cellules fabriquent l'adénosine impliquée dans la production d'énergie. Lorsque les antibiotiques perturbent le microbiote intestinal et entraînent une dysbiose, la quantité de lymphocytes T mémoires CD8+ diminue, ce qui augmente le risque de complications lors d'infections chez le nourrisson, et plus tard dans la vie.

 

Lors d’une précédente recherche de 2017, la même équipe avait démontré que l’utilisation d’antibiotiques pour protéger les nouveau-nés contre des infections dangereuses avait souvent des conséquences à long terme dont ce sous-développement permanent du système immunitaire, ce qui expose ensuite ces enfants à de graves complications en cas d’infections pulmonaires notamment.

 

L’étude, préclinique, menée chez la souris, détaille les mécanismes à l’origine des perturbations immunitaires liées aux antibiotiques mais suggère aussi cette solution pour inverser ou minimiser le risque : une supplémentation en inosine permet de

 

  • rétablir le développement normal des lymphocytes T ;
  • renforcer la résistance aux infections : chez la souris, les suppléments d'inosine ont permis d’améliorer la fonction immunitaire pulmonaire.

 

L’auteur principal, le Dr Hitesh Deshmukh, néonatologiste à l’Institut périnatal du Cincinnati Children’s, ajoute : « Ces résultats remarquables indiquent qu’il serait possible de protéger les nourrissons à risque grâce à une supplémentation ciblée. Cette supplémentation apporte des résultats positifs chez la souris mais nous devons encore mener des essais cliniques (chez l’Homme) avant de pouvoir formuler des recommandations cliniques ».

 

Les antibiotiques, une arme à double tranchant, c’est aussi le rappel de cette étude, qui confirme que les nourrissons exposés aux antibiotiques développent moins de lymphocytes T « mémoires » spécialisés dans leurs poumons, les principaux défenseurs du système immunitaire contre les infections respiratoires. Lorsque l’équipe compare les données de nourrissons souris et humains exposés à l'ampicilline, à la gentamicine et à la vancomycine – des antibiotiques fréquemment utilisés chez les femmes enceintes et les nouveau-nés – avec celles de nourrissons ayant conservé leur flore intestinale naturelle, les différences sont frappantes : chez les nourrissons traités, une diminution significative des populations de lymphocytes T CD8+ protecteurs, une altération de la capacité à former des « cellules mémoires tissulaires », permettant une protection rapide contre la réinfection.

L’étude confirme aussi que : 

le microbiome intestinal joue un rôle d’éducation du système immunitaire en développement.

« Lorsque les antibiotiques perturbent ce processus d'apprentissage naturel, c'est comme supprimer des chapitres clés d'un manuel : le système immunitaire n'apprend jamais les bases de la lutte contre les infections ».

 

Pourquoi l’inosine ? Les scientifiques identifient un mécanisme spécifique reliant les bactéries intestinales à l'immunité : Bifidobacterium, une espèce de bactérie bénéfique fréquemment présente dans l'intestin des nourrissons en bonne santé, produit une molécule appelée inosine. Ce métabolite agit comme un signal essentiel au bon développement des cellules immunitaires. Mais lorsque les antibiotiques éliminent ces bactéries bénéfiques, les niveaux d'inosine chutent et les cellules immunitaires ne reçoivent plus les signaux de développement appropriés.

 

Une implication, la supplémentation : ici, des souris nourrissons exposées aux antibiotiques, supplémentées par inosine bénéficient d’une restauration significative de la fonction immunitaire. La supplémentation permet :

 

  • la reprise du développement normal des lymphocytes T ;
  • l’amélioration de la formation de cellules mémoires protectrices ;
  • une résistance accrue à l’infection grippale ;
  • une réduction de la gravité de la maladie en cas d’infection.

 

S’il n’est pas contestable que les antibiotiques restent des médicaments vitaux, ceux-ci doivent n’être utilisés qu’en cas de nécessité médicale et des interventions probiotiques ou prébiotiques devraient être envisagées pour maintenir un développement sain du microbiome et de l’immunité.

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