ANTIDÉPRESSEURS : La variabilité des effets secondaires impose une prescription personnalisée
Les effets secondaires des antidépresseurs varient considérablement, ce qui souligne la nécessité d’une prescription personnalisée, conclut cette équipe de pharmacologues et d’épidémiologistes du King's College London, de l’Université d’Oxford et d’autres instituts britanniques. Cette large méta-analyse, publiée dans le Lancet, suggère que les recommandations thérapeutiques devraient être mises à jour afin de tenir compte des différents effets secondaires physiques des antidépresseurs, et que la décision thérapeutique devrait toujours être « éclairée » et partagée par le médecin et le patient.
Les effets physiques des antidépresseurs sur l’organisme peuvent varier considérablement, avec notamment une différence de perte ou de prise de poids corporel d’environ 4 kilos entre certains médicaments (perte d’environ 2,5 kilos avec l’agomélatine et prise de 2 kilos avec la maprotiline). C’est l’une des conclusions de ces auteurs qui soulignent cependant que
ces résultats ne doivent pas dissuader les patients de prendre des antidépresseurs,
qui restent des traitements essentiels et efficaces pour les troubles mentaux.
L’importance d’adapter le traitement à chaque patient, en fonction de son état de santé et de ses préférences
L’étude est une revue systématique à grande échelle et une méta-analyse de 151 essais cliniques et de 17 rapports de l’Agence américaine Food and Drug Administration (FDA), portant sur un total de plus de 58.000 participants. L’objectif étant d'évaluer l'effet de 30 antidépresseurs différents sur l'organisme au cours d'un traitement moyen de 8 semaines. L’analyse révèle que :
les antidépresseurs diffèrent considérablement quant à leurs effets
- sur la fréquence cardiaque, avec une différence de plus de 20 battements par minute (diminution d'environ 8 battements par minute pour la fluvoxamine et augmentation de 14 battements par minute pour la nortriptyline) ;
- sur la tension artérielle, avec une variation de plus de 10 mmHg (diminution d'environ 7 mmHg pour la nortriptyline et augmentation de 5 mmHg pour la doxépine) ;
- certains antidépresseurs (par exemple, la maprotiline et l'amitriptyline) sont associés à une prise de poids chez près de la moitié des patients ;
- d'autres antidépresseurs (l'agomélatine) sont associés à une perte de poids chez 55 % des patients ;
- la plupart des antidépresseurs n'ont pas montré d'effets majeurs sur la fonction rénale ou hépatique, les taux d'électrolytes ou le rythme cardiaque ;
- d'autres effets des antidépresseurs n'ont pas été abordés dans leur étude, tels que les changements sexuels ou émotionnels et les différences d'efficacité des médicaments et ces éléments devront faire l’objet de recherches complémentaires ;
- on ignore encore à ce stade si les effets physiques induits par les antidépresseurs persistent ou évoluent au fil du temps.
Ces premières conclusions, surprenantes dans l’ampleur de la variabilité des effets, appellent à recherches supplémentaires pour mieux comprendre comment les antidépresseurs affectent l'organisme sur le long terme.
Les recommandations thérapeutiques devraient également être mises à jour afin de tenir compte des différents effets secondaires physiques des antidépresseurs, le choix du médicament devant toujours être pris individuellement et de manière éclairée, conjointement par le médecin et le patient.
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