ANTIDÉPRESSEURS : Les ISRS protecteurs aussi contre l’infection et la septicémie.
Cette nouvelle étude, menée par une équipe de pharmacologues et de neuroscientifiques du Salk Institute (San Diego) décrypte comment l’inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS) le plus connu, le Prozac, peut protéger contre les infections et la septicémie. Ces travaux, publiés dans la revue Science Advances, révèlent que le médicament régule la réponse immunitaire, avec la perspective d’un repositionnement ou de nouveaux médicaments.
Les antidépresseurs comme le Prozac sont couramment prescrits pour traiter les troubles de santé mentale, cette recherche suggère qu'ils pourraient également protéger contre les infections graves et la septicémie, une condition qui peut être mortelle. Les scientifiques décryptent comment ces médicaments sont capables de réguler le système immunitaire et de contribuer à la défense contre les maladies infectieuses. Ces découvertes pourraient conduire à une nouvelle génération de traitements, qui pourraient également
contribuer à la préparation mondiale aux futures pandémies.
L’étude fait suite au constat que les utilisateurs d’ISRS développent, en général, des COVID moins sévères et sont moins susceptibles de COVID long. COVID longue. Une récente recherche a notamment révélé que le Prozac (fluoxétine) présente une certaine capacité à protéger les souris contre la septicémie. En identifiant ce mécanisme de renforcement des défenses de la fluoxétine, les chercheurs du Salk ont fait l’hypothèse d’une utilisation possible des ISRS contre les infections et les troubles immunitaires.
L’auteur principal, le Dr Janelle Ayres, professeur au Salk Institute, précise : « Pour traiter une infection, la stratégie thérapeutique optimale consiste à tuer la bactérie ou le virus tout en protégeant nos tissus et nos organes. Cependant, la plupart des médicaments disponibles tuent les agents pathogènes, mais ne protègent pas nécessairement les tissus et les organes sains. C’est cependant le cas de la fluoxétine, un médicament dont nous savons déjà qu’il est sûr à utiliser chez l’Homme ».
Comment ça marche ? Notre système immunitaire est censé nous protéger contre les infections, mais il peut parfois réagir de manière excessive. En cas de septicémie, la réponse inflammatoire devient si exacerbée qu’elle endommage les tissus et les organes jusqu’au point de défaillance. Cette même réaction excessive, nommée « tempête de cytokines » est également caractéristique d’une forme très grave du COVID. Une solution qui vient à l’esprit, serait de supprimer la réponse inflammatoire, mais cela rendrait les patients plus vulnérables encore à l’infection initiale.
Alors quel serait le traitement idéal ? « L’idéal » consisterait à :
- contrôler de manière proactive l’intensité et la durée de la réponse immunitaire pour prévenir tout dommage corporel ;
- éliminer l’infection qui met le corps en danger.
Que peuvent apporter les ISRS dans ce contexte ?
L’étude a consisté à traiter des souris modèles d’infections graves avec la fluoxétine. L’expérience montre que :
- ces souris traitées par ISRS sont protégées contre la septicémie, les lésions multi-organiques et la mort ;
- le nombre de bactéries est très réduit chez les souris traitées vs non-traitées, 8 heures après l’infection ; ce qui suggère une infection moins grave ;
- les propriétés antimicrobiennes de la fluoxétine sont également confirmées ;
- des niveaux plus élevés d’IL-10 anti-inflammatoire sont observés chez les modèles prétraités, l’IL-10 prévenant l’hypertriglycéridémie induite par la septicémie, une condition dans laquelle le sang est trop concentré en triglycérides gras ;
- en d’autres termes, cela permet au cœur de maintenir un état métabolique acceptable ;
- au global, la fluoxétine contribue à tuer les agents pathogènes et donc ) atténuer les dommages corporels induits par l’infection.
- enfin, des expériences révèlent que ces effets positifs de la fluoxétine sur la santé ne sont en aucun cas liés à sa cible prioritaire, la sérotonine circulante : que les souris aient ou non de la sérotonine en circulation, elles bénéficient des mêmes avantages en matière de défense contre les infections.
« Des résultats vraiment inattendus, mais aussi très excitants »,
concluent les scientifiques : « Savoir que la fluoxétine peut réguler la réponse immunitaire, protéger le corps contre les infections et avoir un effet antimicrobien, le tout indépendamment de la sérotonine circulante, constitue un grand pas vers le développement de nouvelles solutions thérapeutiques contre les infections dont celles qui peuvent être mortelles ».
« La fluoxétine, l’un des médicaments les plus prescrits favorise la coopération entre l’hôte et l’agent pathogène pour défendre l’hôte contre les maladies et la mortalité induites par l’infection ; un double effet protecteur et défensif dans un repositionnement ? ».
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