ATHÉROSCLÉROSE : La technique d'imagerie qui surveille son évolution
Une technique d'imagerie hospitalière utilisée couramment dans les soins contre le cancer pourrait trouver une nouvelle indication : améliorer considérablement la surveillance et le traitement de l'athérosclérose. L’étude, menée au Centro Nacional de Investigaciones Cardiovasculares Carlos III (CNIC, Madrid) avec des collègues d’instituts internationaux, révèle que cette technique permet aussi de suivre le métabolisme cellulaire au sein des plaques artérielles. Des résultats, publiés dans la revue Science Translational Medicine, qui vont permettre d’améliorer la prise en charge clinique de la maladie.
L'athérosclérose, est une cause majeure de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral (AVC) Cette maladie silencieuse évolue sur plusieurs années sans symptômes. Elle se caractérise par l'accumulation de dépôts graisseux, de cellules et d'autres substances dans les parois des artères, où ces dépôts ou plaques d’athérome réduisent le flux sanguin et peuvent éventuellement se rompre, déclenchant ainsi de graves événements cardiovasculaires. Bien que des traitements soient disponibles pour ralentir la progression de la maladie, il reste difficile de déterminer leur efficacité chez chaque patient.
S’il existe des traitements efficaces pour ralentir l’athérosclérose, il reste difficile d’évaluer avec précision si une stratégie thérapeutique spécifique fonctionne chez un patient. La « TEP-18FDG », une technique d'imagerie largement utilisée pour étudier d'autres pathologies, pourrait constituer une option performante pour surveiller l'athérosclérose.
Une technique d'imagerie nucléaire qui utilise un analogue du glucose
La TEP-18FDG (tomographie par émission de positons au fluorodésoxyglucose) est une technique d'imagerie nucléaire qui utilise un analogue du glucose marqué radioactivement pour détecter l'activité métabolique des tissus.
L’étude démontre que le signal de la TEP-18FDG reflète l'activité métabolique des plaques d'athérosclérose, et non pas seulement une inflammation, comme on le pensait jusque-là. La démonstration est effectuée sur un modèle animal d'athérosclérose avancée :
- la nouvelle approche permet bien de suivre la réponse du modèle à une intervention basée sur le régime alimentaire et des médicaments- intervention qui a pu inverser partiellement la progression de la maladie, comme c'est le cas chez l'Homme ;
- au fur et à mesure que la maladie régresse, le signal de la TEP-18FDG diminue, parallèlement à une réduction de l'expression des gènes liés au métabolisme du glucose dans les différents types de cellules de la plaque, notamment les macrophages, les lymphocytes et les cellules musculaires lisses ;
- le signal TEP-18FDG reflète bien le niveau d'activité des cellules au sein des lésions athéroscléreuses et peut donc servir d'outil sensible pour évaluer l'efficacité du traitement et le risque de progression de la maladie.
L’un des auteurs principaux, Paula Nogales, chercheur au CNIC note ainsi que cette technique d'imagerie hospitalière largement disponible a donc une nouvelle indication, la surveillance clinique de l'athérosclérose. Elle pourra également permettre d’accélérer le développement de nouveaux traitements contre cette maladie silencieuse.
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