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CANCER de la PROSTATE : Un bilan des effets secondaires de la radiothérapie

Actualité publiée il y a 1 année 2 semaines 2 jours
The Lancet Oncology
Il existe un lien entre les effets secondaires précoces de la radiothérapie et d’autres effets secondaires à long terme (Visuel Adobe Stock 336336436)

Cette équipe de cancérologues de l’University of California - Los Angeles (UCLA) nous propose un bilan des effets secondaires de la radiothérapie dans le traitement du cancer de la prostate. La recherche, publiée dans le Lancet Oncology, établit, pour la première fois, un lien entre les effets secondaires précoces de la radiothérapie et d’autres effets secondaires à long terme. Ces conclusions intéresseront non seulement les patients traités mais les oncologues et les urologues en charge.

 

Le cancer de la prostate est le cancer le plus courant chez les hommes, la radiothérapie étant un traitement clé pour le cancer localisé. Bien que l’approche ait démontré son efficacité à contrôler efficacement la tumeur, elle peut également endommager les tissus sains voisins et provoquer des effets secondaires aigus et tardifs.

 

  • Ainsi, la « toxicité aiguë » fait référence aux effets secondaires qui surviennent pendant le traitement ou dans les 3 premiers mois qui suivent et ces effets sont généralement temporaires. Les effets secondaires urinaires courants comprennent une fréquence accrue des mictions, des difficultés à uriner et une gêne pendant la miction. Les effets secondaires liés aux intestins peuvent inclure des selles plus molles ou une diarrhée, ainsi qu'une gêne rectale pendant les selles.
  • La « toxicité tardive » peut apparaître des mois, voire des années plus tard, et peut durer des années. Les toxicités urinaires tardives comprennent le rétrécissement de l'urètre et la présence de sang dans les urines. Les toxicités intestinales tardives comprennent la présence de sang dans les selles ou un ulcère dans la paroi du rectum. Ces problèmes peuvent souvent avoir un impact plus important sur la qualité de vie du patient.

 

Bien que les toxicités aiguës et tardives soient causées par l’effet des radiations sur les tissus sains, le lien entre ces 2 types de toxicité n’avait jamais été étudié.

Cette nouvelle recherche montre que si, dans l’ensemble, les patients atteints d'un cancer de la prostate présentent de très faibles taux de complications à long terme avec la radiothérapie, ceux qui présentent des effets secondaires précoces sont aussi plus susceptibles de les subir à long terme.

 

L'étude analyse les données de plus de 6.500 patients participant à 6 essais cliniques randomisés de phase III couvrant les effets secondaires à court et à long terme affectant les systèmes urinaire et intestinal. L’analyse constate que :

 

  • les patients présentant des effets secondaires précoces modérés ou plus graves sont également plus susceptibles de subir des effets tardifs graves, même des années après le traitement ;
  • les patients développant des troubles urinaires ou intestinaux précoces sont également plus susceptibles de signaler une baisse significative de leur capacité à fonctionner au quotidien et leur qualité de vie globale est diminuée ;
  • l’expérience d’une toxicité urinaire aiguë augmente le taux de toxicité tardive de 7,5 % à 12,5 % ;
  • l’expérience d’une toxicité intestinale aiguë augmente le taux de toxicité tardive de 12,7 % à 22,5 % ;
  • le risque de déclin cliniquement significatif de la qualité de vie lié à la toxicité urinaire est 1,4 fois plus élevé chez les hommes ayant connu une toxicité urinaire aiguë modérée ;
  • le risque de déclin cliniquement significatif de la qualité de vie lié à la toxicité intestinale est 1,5 fois plus élevé chez les hommes ayant connu une toxicité intestinale aiguë modérée.
  • les patients qui ont présenté des effets secondaires urinaires aigus modérés au cours des 3 mois suivant la radiothérapie sont

près de 2 fois plus susceptibles de développer des complications urinaires à long terme ;

  • les patients qui ont présenté des effets secondaires intestinaux précoces encourent un risque presque 2 fois plus élevé de problèmes intestinaux chroniques.

 

Pris ensemble, ces résultats soulignent l’importance de développer des stratégies pour mieux gérer les toxicités aiguës afin d’améliorer les résultats à long terme et la qualité de vie de ces patients.

 

« Les hommes atteints d’un cancer de la prostate vivent plus longtemps que jamais, et notre objectif est de réduire les toxicités tardives, telles que des difficultés à uriner ou des saignements rectaux, qui ont un lourd impact sur la qualité de vie et cela durant des années ».  

 

« Réduire les effets secondaires précoces grâce à des techniques avancées comme la radiothérapie guidée par IRM, qui permet un ciblage plus précis des tumeurs, et les méthodes de préservation de l’urètre, qui utilisent des espaceurs entre la prostate pour protéger les tissus environnants et le rectum, pourrait contribuer à réduire le risque d’effets secondaires durables ».

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