CANCER : Détecter et traiter aussi la dépression
C’est une nouvelle recherche, menée à l'Université d'État de l'Ohio à Columbus et au Centre médical Wexner, à plaider pour une prise en charge holistique du cancer, et d’aller détecter une éventuelle dépression : l’étude, présentée au Congrès 2025 de l’American College of Surgeons révèle qu’une dépression non traitée aggrave les résultats chirurgicaux chez les patients atteints de cancer. Ainsi, prendre en compte les besoins en santé mentale des patients atteints de cancer peut accélérer leur guérison et réduire le coût du traitement.
La dépression peut notamment compliquer la convalescence après une intervention chirurgicale chez les patients plus âgés opérés pour des cancers colorectaux, hépatobiliaires et pancréatiques. Les antidépresseurs peuvent atténuer ces conséquences et contribuer à améliorer les résultats chirurgicaux et réduit les coûts postopératoires.
Alors que la dépression est couramment associée à des problèmes de santé physique, dont à un risque accru de cancer, peu de recherche ont encore regardé les effets de cette association cancer-dépression sur les résultats patient.
L’étude constate que les patients souffrant de dépression ont moins de chances de bénéficier d'une récupération chirurgicale optimale. En revanche, les patients traités par antidépresseurs obtiennent de meilleurs résultats de leur chirurgie.
L’auteur principal, Erryk S. Katayama, étudiant de médecine à l'Université d'État de l'Ohio relève : « Tout diagnostic posé, en particulier un diagnostic aussi grave et dévastateur que celui de cancer, nécessite une prise en compte des autres facteurs de risque sanitaires et sociaux. Comprendre l'impact de ces facteurs sur les résultats postopératoires peut contribuer à l'élaboration de plans de traitement holistiques et personnalisés, à l'anticipation et à la prévention des complications associées, et, in fine, à l'optimisation des résultats pour les patients ».
Toujours l’approche holistique…
Ici, l’équipe analyse les données de surveillance, d'épidémiologie et de résultats du registre SEER du National Cancer Institute, afin d'identifier les patients atteints de cancers colorectal, hépatobiliaire et pancréatique chez qui a été posé un diagnostic de dépression 12 mois avant ou après un diagnostic de cancer. Les chercheurs ont également pu identifier les patients ayant reçu une prescription d'antidépresseur et analyser leurs résultats post-opératoires.
- Sur 32.726 participants, 1.731 ont reçu un diagnostic de dépression ;
- parmi ces participants, 1.253 ont reçu une prescription d'antidépresseurs ; 478 n'en ont pas reçu ;
- les patients souffrant de dépression, traités ou non, présentaient une moins bonne récupération postopératoire et le coût de leurs soins était plus élevé ;
-
les antidépresseurs semblent cependant atténuer significativement ces effets ;
- ainsi, si les patients sans dépression obtiennent globalement de meilleurs résultats, ceux dont la dépression était traitée obtiennent des résultats similaires, leurs durées d'hospitalisation sont réduites, le taux de mortalité est plus faible ;
- les participants exempts de dépression ont les soins les moins coûteux, les participants avec dépression traités ont des soins à peine plus coûteux (+ 7 %) alors que les patients dépressifs ont des soins encore plus coûteux (+ 10 %).
Et l’observance ? De précédentes recherches ont montré que les patients atteints de dépression et de cancer ont moins tendance à adhérer à leur traitement.
« Le traitement de cette dépression pourrait contribuer à atténuer et à traiter la dépression, et permettre une meilleure autogestion et une meilleure observance du traitement », concluent les auteurs.
Ces résultats soulignent l'importance du dépistage de la dépression avant une intervention chirurgicale, « afin de pouvoir répondre aux besoins des patients et de les aider à être acteur de leur traitement.
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