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CANCER du FOIE : 3 cas sur 5 seraient évitables

Actualité publiée il y a 12 mois 4 jours 19 heures
The Lancet
3 cas de cancer du foie sur 5 sont dus à des facteurs de risque évitables (Visuel Adobe Stock 549782816)

3 cas de cancer du foie sur 5 sont dus à des facteurs de risque évitables, conclut cette large analyse, menée par les experts de la Commission Lancet sur le cancer du foie. L’analyse, publiée dans la même revue, révèle aussi une hausse préoccupante de l’incidence de ces cancers liée à l’obésité.

 

Les chercheurs rappellent les causes majeures de ces cancers, l’excès de graisse dans le foie, qui entraîne le développement des stéatoses hépatiques, l'alcool, la cause la plus fréquente d'hépatite alcoolique et enfin, les hépatites virales. L’analyse relève l’augmentation de la proportion de cas de cancer du foie causés par une forme grave stéatohépatite associée au dysfonctionnement métabolique L’incidence de cette forme pourrait augmenter de 35 % d'ici 2050.

 

Les auteurs appellent à une sensibilisation accrue du public, des médecins et des responsables politiques à ce risque croissant aux États-Unis, mais également en Europe et en Asie, en ciblant les groupes à haut risque, notamment les personnes atteintes de diabète et d'obésité.

Le nombre de nouveaux cas de cancer du foie devrait doubler au cours des 25 prochaines années,

cependant l'objectif d'une réduction annuelle de 2 à 5 % du nombre de nouveaux cas, qui semble atteignable, permettrait d'éviter jusqu'à 17 millions de cas de cancer du foie et jusqu'à 15 millions de décès.

La majorité des cas de cancer du foie pourraient être évités

en réduisant les taux d'hépatite virale, de consommation d'alcool et de stéatose hépatique non alcoolique associée au dysfonctionnement métabolique, selon cette analyse.

 

De précédentes recherches ont estimé que l’incidence du cancer du foie pourrait presque doubler, passant de 870.000 cas en 2022 à 1,52 million cas en 2050, principalement en raison de la croissance démographique et du vieillissement des populations,

les plus fortes augmentations étant attendues en Afrique.

 

Le nombre de décès par cancer du foie pourrait atteindre 1,4 million en 2050.

Le cancer du foie est déjà une cause majeure de décès et d'invalidité. À l'échelle mondiale, il est le 6è cancer le plus fréquent et la troisième cause de décès par cancer. Plus de 40 % des cas de cancer du foie dans le monde surviennent en Chine, principalement en raison des taux relativement élevés d'infections par le virus de l'hépatite B dans le pays. Le cancer du foie est l'un des cancers les plus difficiles à traiter, avec des taux de survie à 5 ans compris entre 5 % et 30 % environ.

 

Des causes en évolution : l’équipe estime ici qu'au moins 60 % des cas de cancer du foie sont évitables grâce à la maîtrise des facteurs de risque modifiables, notamment le virus de l'hépatite B (VHB), le virus de l'hépatite C (VHC), la stéatohépatite associée au dysfonctionnement métabolique et l'alcool.

 

La stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH ou stéatose hépatique non alcoolique), est ainsi  la cause de cancer du foie qui connaît la croissance la plus rapide à l'échelle mondiale, suivie par les hépatites causées par l’alcool. La proportion de cas de cancer du foie associés à la MASH devrait passer de 8 % en 2022 à 11 % en 2050, les cas de cancer du foie associés à l'alcool devraient augmenter de 19 % en 2022 à 21 % en 2050.

 

On estime qu'environ un tiers de la population mondiale est atteinte de stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique. Cependant, seuls 20 à 30 % des patients atteints développent la forme la plus grave de la maladie, caractérisée par une inflammation et des lésions hépatiques, appelée stéatohépatite ou stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique.

 

 « On pensait autrefois que le cancer du foie survenait principalement chez les patients atteints d'hépatite virale ou d'hépatopathie alcoolique. Cependant, l'augmentation actuelle des taux d'obésité constitue un facteur de risque accru de cancer du foie, principalement en raison de l'augmentation d’incidence de l’excès de graisse autour du foie ».

 

Quelles implications ?

  • Réduire l'incidence du cancer du foie de 2 à 5 % par an d'ici 2050, permettrait de prévenir 9 à 17 millions de nouveaux cas et de sauver 8 à 15 millions de vies. Plusieurs stratégies sont proposées par le consortium pour réduire le fardeau mondial du cancer du foie, notamment :
  • les gouvernements devraient intensifier leurs efforts pour accroître la vaccination contre le VHB, notamment en rendant la vaccination obligatoire dans les pays à forte prévalence, et mettre en œuvre le dépistage universel du VHB pour les adultes de 18 ans et plus, parallèlement au dépistage ciblé du VHC dans les zones à haut risque ;
  • instaurer des tarifs « minimum » pour l'alcool, des avertissements plus visibles et des restrictions en matière de publicité pour les boissons alcoolisées ;
  • privilégier les investissements dans les campagnes de sensibilisation du public et le déploiement de ressources de détection précoce des cancers ;
  • réduire les différences entre régions du monde dans la prise en charge clinique du cancer du foie ;
  • dispenser des formations aux soins palliatifs, afin de les intégrer dès les premières phases de la prise en charge des patients qui en ont besoin…

 

« Il est décidemment urgent de sensibiliser la société à la gravité du problème sanitaire croissant que représente l'augmentation des cas de cancer du foie », concluent les chercheurs.

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