Découvrez nos réseaux sociaux
Actualités

CANNABIS et santé mentale : Comment vient la paranoïa

Actualité publiée il y a 1 année 2 semaines 1 jour
BMJ Mental Health
C'est l'une des l’une des plus grandes études jamais réalisées sur les effets de la consommation de cannabis sur les risques de troubles mentaux, et particulièrement de paranoïa, au sein de la population générale (Visuel Fotolia 115147785)

Cette équipe de médecins, dont de psychiatres, psychologues et neuroscientifiques du King's College de Londres nous propose l’une des plus grandes études jamais réalisées sur les effets de la consommation de cannabis sur les risques de troubles mentaux, et particulièrement de paranoïa, en population générale. Les conclusions, publiées dans le British Medical Journal (BMJ) Mental Health, relèvent que les raisons même qui peuvent inciter à consommer du cannabis sont aussi des facteurs de paranoïa. Une sorte de cercle vicieux. 

 

Alors que la consommation mais aussi la puissance – ou concentration en THC- du cannabis augmentent dans le monde entier, et la dépendance et les psychoses induites par le cannabis augmentent également. Il est donc essentiel d’évaluer régulièrement, avec l’évolution des substances, leurs effets sur la santé. 2 nouvelles études basées sur les données de Cannabis & Me – la plus grande enquête sur le sujet– permettent de préciser les principaux facteurs de risque associés aux formes les plus graves de paranoïa chez les consommateurs de cannabis.

 

La première étude explore précisément le lien entre les raisons pour lesquelles les gens commencent à consommer du cannabis et l'impact de cette consommation sur leur consommation ultérieure. L’étude analyse les données déclarées de 3.389 consommateurs de cannabis, anciens et actuels, âgés de 18 ans et plus, sur les raisons de leur première consommation et de leur consommation continue, leur consommation hebdomadaire de cannabis en unités de THC et leur santé mentale. Cette analyse montre que :

 

  • de nombreux répondants ont commencé à consommer du cannabis pour soigner eux-mêmes une maladie, notamment des douleurs physiques, de l'anxiété, une dépression, ou en raison de symptômes psychotiques mineurs ;
  • ces consommateurs de cannabis, ayant commencé à consommer pour des raisons médicales ou des symptômes, présentent tous des scores de paranoïa plus élevés ;

  • les répondants ayant essayé le cannabis par plaisir, par curiosité ou avec leurs amis (usage plus récréatif) sont aussi ceux qui déclarent les scores moyens de paranoïa et d'anxiété les plus faibles.

Ainsi, la raison pour laquelle une personne commence à consommer du cannabis peut avoir une influence considérable sur sa santé mentale à long terme.

 

La consommation de cannabis comme moyen d'automédication pour soulager un inconfort physique ou mental peut avoir un impact négatif sur les niveaux de paranoïa, d'anxiété et de dépression.

En d'autres termes, une consommation excessive de cannabis semble exacerber ses propres facteurs de motivation. 

D’autres conclusions révèlent que l’apport de THC, le cannabinoïde psychotrope du cannabis, est associé aux scores de troubles mentaux. Ainsi sur ces niveaux de consommation de THC précisément,

 

  • les répondant sconsommaient en moyenne 206 unités de THC par semaine : cela équivaut à environ 10 à 17 joints par semaine, si le consommateur consomme du cannabis avec une teneur en THC de 20 % (ce qui correspond à la moyenne des taux de THC) ;
  • les répondants ayant commencé à consommer du cannabis pour soulager leur anxiété, leur dépression, ou suite à la consommation d'autres membres de leur foyer, déclarent respectivement une consommation hebdomadaire moyenne de 248, 254,7 et 286,9 unités de THC ;
  • ainsi, les personnes ayant consommé du cannabis pour la première fois pour gérer l'anxiété ou la dépression, ou parce qu'un membre de leur famille en consommait, présentent des niveaux de consommation de cannabis/THC globalement plus élevés.

 

Les auteurs suggèrent de retenir les unités standard de THC de la même manière que les unités d'alcool, pour suivre la consommation de cannabis et mieux la gérer.

 

La deuxième étude explore le lien entre les traumatismes infantiles, la paranoïa et la consommation de cannabis. L’analyse révèle que :

 

  • 52 % des répondants déclarent avoir subi une forme d'adversité ou de traumatisme à l’enfance ;
  • les répondants ayant été exposés à des traumatismes dans leur enfance présentent des niveaux moyens de paranoïa plus élevés que ceux n'y ayant pas été exposés, les violences physiques et psychologiques étant les facteurs prédictifs les plus importants. ;
  • les répondants ayant déclaré avoir subi des abus sexuels présentent une consommation hebdomadaire de THC nettement plus élevée, suivis de près par ceux ayant déclaré avoir subi des violences psychologiques et physiques ;
  • cette forte association entre les traumatismes infantiles et la paranoïa est encore exacerbée par la consommation de cannabis.

Plus sur le Blog Addictions
Plus sur le Blog Neuro

Autres actualités sur le même thème

ABONNEMENT PREMIUM

Accédez sans limite à plus de 15 000 actualités