Découvrez nos réseaux sociaux
Actualités

CANNABIS : Sa consommation s'inscrit dans un continuum génétique

Actualité publiée il y a 1 année 1 semaine 6 jours
Molecular Psychiatry
Cette vaste étude génétique établit un lien entre la consommation de cannabis et la santé psychiatrique, cognitive et physique (Visuel Adobe Stock 1465140508)

Cette vaste étude génétique, menée par des biologistes de l’Université de Californie à San Diego (UC San Diego), établit un lien entre la consommation de cannabis et la santé psychiatrique, cognitive et physique. Ces associations génétiques entre la consommation de cannabis et de nombreux traits, identifiées et documentées dans la revue Molecular Psychiatry, vont contribuer à éclairer les addictologues, sur le développement de stratégies de prévention et de traitement des troubles liés à la consommation de cannabis.

 

Les chercheurs de l'Université de Californie ont travaillé ici en collaboration avec la société de tests génétiques 23andMe pour identifier des régions du génome humain associées à la consommation de cannabis. Ces analyses ont permis d’identifier

de nouvelles relations entre la consommation de cannabis et la santé psychiatrique, cognitive et physique.

L’un des auteurs principaux, le Dr Sandra Sanchez-Roige, professeur agrégé de psychiatrie à l'UC San Diego rappelle que « les effets à long terme d’une consommation régulière de cannabis sur la santé restent mal connus ». En particulier sur le lien possible entre la génétique et les caractéristiques qui contribuent au développement de troubles liés à la consommation de cannabis : « Si la plupart des personnes qui consomment du cannabis ne développent pas de troubles liés à sa consommation, certaines études estiment que près de 30 % développeront à terme ce type de trouble ».

Comprendre la génétique des comportements

L’étude d'association pangénomique (GWAS) analyse les liens entre la consommation de cannabis et les données génétiques fournies par 131.895 participants à l'étude 23andMe. Ces derniers ont renseigné par questionnaire leur consommation de cannabis, et les consommateurs ont précisé l’ampleur et la fréquence de leur consommation.

 

Les scientifiques savent depuis des décennies que les facteurs génétiques influencent la décision d’expérimentation des substances, la fréquence de la consommation et le risque de dépendance. Les étude GWAS permettent identifier les systèmes moléculaires qui relient la consommation de cannabis au fonctionnement cérébral et au comportement. L’analyse révèle que :

  • la consommation de cannabis au cours de la vie est associée à 2 gènes ;

  • le 1er était la molécule d'adhésion cellulaire 2 (CADM2), un gène impliqué dans l'assemblage cellulaire et la signalisation entre les cellules nerveuses, en particulier dans le cerveau ; de précédentes recherches ont d’ailleurs corrélé CADM2 à différents traits et affections, notamment l’impulsivité, l'obésité et les métastases cancéreuses…La fréquence de consommation de cannabis a également déjà été associée au gène CADM2.
  • le 2è gène était le récepteur métabotropique du glutamate 3 (GRM3), impliqué dans la communication entre les neurones et la plasticité cérébrale à long terme. Le gène GRM3 a déjà été associé à des troubles psychiatriques, notamment la schizophrénie et le trouble bipolaire.

 

Ainsi, la génétique de la consommation de cannabis ​​est liée à la génétique d'autres traits psychiatriques, de mesures cognitives et même de problèmes de santé physique.

 

Une analyse secondaire révèle 40 gènes supplémentaires associés à la consommation de cannabis au cours de la vie et 4 gènes associés à la fréquence de consommation ;

  • 29 de ces gènes n'avaient jamais été associés à des comportements liés au cannabis.

 

Alors quelles sont les affections corrélées à une prédisposition génétique à la consommation de cannabis ? L’analyse de milliers de traits et affections dans 2 grands ensembles de données indépendants révèle que la consommation de cannabis au cours de la vie et sa fréquence sont génétiquement corrélées :

 

  • à plus de 100 caractéristiques différentes,
  • notamment des troubles psychiatriques (p. ex., schizophrénie, TDAH, anxiété et dépression),
  • des traits cognitifs (fonctions exécutives et prise de risque) ;
  • et à la santé physique (diabète, douleur chronique et coronaropathie) ;
  • à des comportements/pathologies dont un risque accru de tabagisme, de maladies infectieuses, dont le VIH et les hépatites virales, et de maladies auto-immunes.

 

Cette étude, l'une des premières études d'association pangénomique à examiner les comportements précédant les troubles liés à la consommation de cannabis, suggère, écrivent ses auteurs, que

« la consommation de cannabis s'inscrit dans un continuum ».

Il n'existe actuellement aucun traitement médicamenteux approuvé pour traiter les troubles liés à la consommation de cannabis, cependant, ces découvertes biologiques incitent à poursuivre les recherches pour identifier des cibles thérapeutiques et des interventions de prévention.

Plus sur le Blog Addictions

Autres actualités sur le même thème

ABONNEMENT PREMIUM

Accédez sans limite à plus de 15 000 actualités