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CRISE CARDIAQUE : Les bêtabloquants pas toujours utiles

Actualité publiée il y a 1 année 2 jours 7 heures
ESC Congress et NEJM
Avec l’évolution des traitements après un infarctus, les bêtabloquants pourraient en fait n'apporter aucun bénéfice aux patients (Visuel Adobe Stock 1628217017)

Après une crise cardiaque, les patients se voient généralement prescrire plusieurs médicaments, ce qui, entre autres effet, peut rendre l'observance difficile. Parmi ces médicaments, les bêtabloquants dont les bénéfices étaient liés à la réduction de la demande cardiaque en oxygène et à la prévention des arythmies. Avec l’évolution des traitements après un infarctus, ces médicaments pourraient en fait n'apporter aucun bénéfice aux patients, en particulier chez ceux qui présentent les moins bons résultats. Ces conclusions, documentées par une équipe du Mount Sinai Hospital, présentées lors du dernier Congrès de l’European Society of Cardiology (New York) et à paraître dans le New England Journal of Medicine, remettent ainsi en question le traitement standard des patients victimes d'un infarctus du myocarde.

 

Les bêtabloquants sont couramment prescrits pour différentes affections cardiaques, dont les infarctus du myocarde. L’auteur principal, le Dr Valentin Fuster, a dirigé cet essai révolutionnaire, « REBOOT » démontre, précisément, que les bêtabloquants pourraient n'apporter aucun bénéfice clinique aux patients ayant subi un infarctus du myocarde sans complications et avec préservation de la fonction cardiaque et qui suggère que

les femmes traitées par bêtabloquants présentent un risque plus élevé de décès, de crise cardiaque ou d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque.

« Cet essai va révolutionner toutes les recommandations cliniques internationales. Il s'ajoute à d'autres essais phares qui ont déjà transformé au niveau international, certaines approches thérapeutiques concernant des maladies cardiovasculaires ».

Actuellement, plus de 80 % des patients ayant suivi un infarctus du myocarde non compliqué, reçoivent des bêta-bloquants à leur sortie de l'hôpital.

Les bêtabloquants peuvent enfin entraîner des effets secondaires tels que fatigue, bradycardie (ralentissement du rythme cardiaque) et dysfonction sexuelle.

 

De précédents essais ont montré qu'une polypill, un comprimé unique associant 3 médicaments – à savoir l'aspirine, le ramipril (antihypertenseur) et l'atorvastatine permet de réduire les événements cardiovasculaires de 33 % chez les patients traités après un infarctus du myocarde ; que la dapagliflozine et l'empagliflozine (glifozine/antidiabétiques), améliorent le pronostic des patients atteints de sténose aortique et traités par implantation transcathéter de valve aortique.

 

L’étude actuelle, l’essai multisites « REBOOT » est mené auprès de 8.505 patients répartis pour recevoir ou non des bêtabloquants après leur sortie de l'hôpital. Tous les participants ont reçu des soins standard et ont été suivis pendant près de 4 ans. L’analyse constate :

 

  • l’absence de différence significative entre les 2 groupes en termes de taux de mortalité, de récidive d'infarctus du myocarde ou d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque ;
  • les femmes traitées par bêtabloquants présentaient davantage d'effets indésirables ;

  • les femmes traitées par bêtabloquants présentent un risque absolu de décès supérieur de 2,7 % à leurs homologues non traitées par bêtabloquants – durant le suivi de l’étude ;
  • cette augmentation du risque sous bêtabloquants se limite aux femmes dont la fonction cardiaque était parfaitement normale après l’infarctus du myocarde (fraction d'éjection ventriculaire gauche supérieure ou égale à 50 %) ;
  • en revanche, les femmes présentant une légère détérioration de la fonction cardiaque après l’infarctus, ne connaissent pas cette augmentation du risque de complications et de décès. 

Ainsi, dans le contexte actuel où les traitements ont évolué, où les artères coronaires obstruées sont réouvertes rapidement et systématiquement, où l'étendue des lésions cardiaques peut être limitée, le besoin en bêtabloquants est incertain.

 

Ces résultats, qui devront encore être reproduits dans de larges études, vont déjà permettre d’optimiser la prise en charge des crises cardiaques, sur la base de preuves scientifiques solides, de simplifier le traitement, d’augmenter l’observance, de réduire les effets secondaires et d’améliorer la qualité de vie des patients.

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