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DÉCOLONISATION, USI et ANTIBIORÉSISTANCE : Trop de désinfectants, plus de pathogènes résistants

Actualité publiée il y a 1 année 2 jours 11 heures
The Lancet Microbe
L'utilisation excessive de désinfectants chez les patients en unités de soins intensifs (USI) pourrait augmenter le risque d'infections résistantes aux antibiotiques (Visuel Adobe Stock 827394810)

L'utilisation excessive de désinfectants chez les patients en unités de soins intensifs (USI) pourrait augmenter le risque d'infections résistantes aux antibiotiques, conclut cette équipe de l’Université de Bologne. Cette étude internationale publiée dans le Lancet Microbe révèle en effet un lien étroit et direct entre la prolifération de bactéries résistantes aux antibiotiques et les procédures de désinfection universelles appliquées aux patients en USI.

 

L’un des auteurs principaux, Marco Oggioni, professeur de pharmacie et de biotechnologie à l'Université de Bologne, explique : « Cette recherche met en évidence les conséquences imprévues de la décolonisation universelle dans un contexte mondial où la résistance aux antibiotiques constitue une menace croissante. Nous devons sans cesse réévaluer de manière critique les outils que nous utilisons pour atteindre ces objectifs ».

La décolonisation universelle est une procédure préventive appliquée aux patients dès leur admission en soins intensifs.

 

Le corps entier est désinfecté à la chlorhexidine – un antiseptique couramment utilisé pour désinfecter les dispositifs médicaux et les surfaces hospitalières – et un traitement nasal complémentaire est administré avec un autre désinfectant, la mupirocine. Introduite dans les années 1990, cette procédure s'est avérée efficace pour freiner la propagation du SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline), une bactérie résistante à certains antibiotiques et susceptible de provoquer des infections graves. Pendant de nombreuses années,

ce protocole a permis de réduire les taux d'infection à SARM de 30 à 40 % à moins de 5 %

dans de nombreux pays.

 

Dans certains établissements, la décolonisation universelle est même appliquée à tous les patients, d’autres restant sur une approche ciblée. Les hôpitaux qui adoptent ce protocole font une consommation significativement plus importante de désinfectants, tels que la chlorhexidine et la mupirocine.

 

L’étude compare, dans 2 hôpitaux écossais les niveaux d’infection bactérienne et les taux de résistance aux antibiotiques chez les patients en USI sur une période de 13 ans. L’analyse révèle :

  • des taux plus élevés d’infection causée par la superbactérie SARM en cas de pratique de décolonisation universelle.

En conclusion, il semble que l’utilisation excessive de désinfectants dans le cadre de la décolonisation universelle peut non seulement ne pas améliorer le contrôle des infections, mais entraîner une augmentation des infections à SARM.

 

Les auteurs appellent donc à une réévaluation des bonnes pratiques actuelles à la lumière de l'évolution du contexte épidémiologique.

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