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GROSSESSE et DÉPENDANCE aux OPIOÏDES : Faut-il traiter ?

Actualité publiée il y a 1 année 6 jours 15 heures
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Faut-il traiter les troubles liés à l’usage d’opioïdes chez les femmes enceintes ? (Visuel Adobe Stock 282021121)

Faut-il traiter les troubles liés à l’usage d’opioïdes chez les femmes enceintes ? Cette étude menée par une équipe d’addictologues et de pédiatres de l’Université Vanderbilt (Nashville) et de l’Université Emory (Atlanta) et présentée lors du Meeting Pediatric Academic Societies (PAS) 2025, confirme que le traitement de la dépendance aux opioïdes par buprénorphine améliore bien l’issue de ces grossesses.

 

La dépendance aux opioïdes pendant la grossesse est associée à des complications périnatales. Un traitement par méthadone ou buprénorphine, 2 agonistes opioïdes, est recommandé pour améliorer l'issue de la grossesse. Cependant, en dépit de la multiplication par 5 en 20 ans de l’incidence des troubles liés à l'usage d'opioïdes chez les femmes enceintes, plus de la moitié d'entre elles ne reçoivent toujours pas de traitement. Or, jusqu'à 20 % des femmes enceintes atteintes de dépendance aux opioïdes accouchent prématurément.

 

De nombreuses recherches ont évalué l'efficacité de la

méthadone vs buprénorphine,

mais les données comparant la buprénorphine à l'absence de traitement restaient limitées. La plupart des femmes enceintes ne recevant toujours pas de traitement pour leur dépendance aux opioïdes, l’équipe a souhaité préciser les effets du traitement par buprénorphine sur l'issue maternelle et infantile, vs absence de traitement.

 

Cette recherche montre, en pratique, que les femmes enceintes atteintes de dépendance aux opioïdes et leurs nourrissons obtiennent de meilleurs résultats de santé avec le traitement par buprénorphine.

 

L’étude de cohorte rétrospective menée entre 2010 et 2021 est menée auprès de 14.463 paires mère-enfant, les mères présentant une dépendance aux opioïdes ayant été suivies de 20 semaines de grossesse à 6 semaines post-partum. 7 469 mères ont reçu de la buprénorphine. L’étude s’est concentrée sur l'exposition à la buprénorphine. L’analyse montre que :

 

  • le risque d’issues défavorables est réduit dans le groupe d’intervention (25 % vs 31 %) ;
  • les participantes du groupe d’intervention et leurs bébés, présentent un risque réduit de complications maternelles, de prématurité et d'admissions en USIN ;
  • un risque globalement réduit de 5 % d'issues de grossesse défavorables ;
  • plus globalement, la prise de buprénorphine pendant la grossesse améliore les résultats pour la mère et l'enfant,
  • ce qui souligne la nécessité d'améliorer l'accès au traitement, chez ce groupe spécifique de patientes.

« Nous savons qu'un traitement médicamenteux comme la buprénorphine réduit considérablement le risque de décès par overdose chez les femmes enceintes souffrant de troubles liés à l'usage d'opioïdes, mais ses bénéfices pour les nouveau-nés restaient mal compris », conclut l’auteur principal, le Dr Stephen Patrick, directeur du département de politique et de gestion de la santé à l'Université Emory.

 

« Nous observons, avec le traitement, une réduction significative des naissances prématurées chez les nourrissons dont les mères sont traitées par buprénorphine, ce qui peut avoir des effets positifs à vie ».

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