INSUFFISANCE CARDIAQUE : L’injection qui protège le cœur après l’infarctus
Ce traitement injectable, développé par des cardiologues et pharmacologues de l’Université Northwestern (Illinois) et de l'Université de Californie à San Diego, promet de prévenir l'insuffisance cardiaque après une crise cardiaque. Ces premiers résultats d’études précliniques, publiés dans la revue Advanced Materials, confirment le potentiel du candidat, à protéger le cœur des lésions après l’infarctus.
Lorsqu'une personne subit une crise cardiaque, son muscle cardiaque est endommagé par le manque d'oxygène et un stress oxydatif accru. Ces lésions peuvent entraîner une inflammation et une cicatrisation (fibrose), ce qui, à terme, affaiblit le cœur et provoque une insuffisance cardiaque. Bien que des traitements permettent de rétablir ou d’améliorer la circulation sanguine, ils ne préviennent pas totalement les dommages à long terme qui, à terme, conduisent à l'insuffisance cardiaque.
L'insuffisance cardiaque est caractérisée par une incapacité du cœur à pomper suffisamment de sang vers le reste du corps. Après avoir développé une insuffisance cardiaque, 52,6 % des patients décèdent dans les 5 ans.
Et la principale cause d'insuffisance cardiaque est la crise cardiaque...
L’auteur principal, le Dr Nathan Gianneschi, de la Northwestern, rappelle : « Les maladies cardiaques restent la principale cause de décès dans le monde, les crises cardiaques étant responsables d'un grand nombre de ces décès. Nos travaux introduisent un tout nouveau type de traitement capable de cibler des cibles cellulaires jusqu'alors incurables ».
La nouvelle approche thérapeutique repose en effet sur des polymères spécialement conçus qui agissent comme des protéines et s'accrochent aux protéines régulatrices du tissu cardiaque, qui freinent le processus naturel de cicatrisation de l'organisme. Une fois ces protéines régulatrices bloquées, les protéines cicatrisantes peuvent exercer leur fonction :
prévenir le stress et l'inflammation.
L’étude suit de précédentes expériences in vitro, sur des cultures cellulaires, et teste la thérapie sur des souris modèles de crise cardiaque. La thérapie repose sur l'interaction entre 2 protéines : Keap1 et Nrf2. Alors que Nrf2 protège les cellules cardiaques du stress et de l'inflammation, Keap1 se lie physiquement à Nrf2, régulant ainsi sa fonction. Cela empêche Nrf2 de pénétrer dans le noyau de la cellule, où il peut activer des gènes protecteurs. L’idée est donc de stimuler Nrf2 qui induit un effet positif sur la santé cardiaque après une crise cardiaque. Pour cela, les chercheurs ont développé une plateforme qui permet le développement d’une protéine « PLP » qui se lie fortement à Keap1, l'empêchant de s'accrocher à la véritable protéine Nrf2. Une fois Keap1 éliminée, Nrf2 peut pénétrer dans le noyau de la cellule cardiaque et exercer ses effets protecteurs.
- Après une injection intraveineuse unique à faible dose, les chercheurs observent, chez le modèle, une diminution de l'inflammation et de la mort cellulaire, ainsi qu'une amélioration de la fonction cardiaque et une augmentation de la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins.
Alors que la prévention de l'insuffisance cardiaque après un infarctus du myocarde restait un besoin clinique majeur non satisfait, ce traitement qui permettrait d'intervenir très rapidement après un infarctus du myocarde pourrait changer la donne en évitant le développement d’une une insuffisance cardiaque.
Au-delà du traitement qui devra être validé par des essais cliniques (chez l’Homme), la plateforme "PLP" représente une avancée significative dans le développement thérapeutique, offrant
un nouvel outil, permettant de cibler les interactions protéine-protéine dans diverses maladies
et de s'attaquer à des cibles biologiques complexes là où les approches traditionnelles ont échoué.
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