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La RATE, un organe finalement salvateur ?

Actualité publiée il y a 1 année 2 semaines 2 jours
Science Translational Medicine
Et si le corps humain disposait d'un bioréacteur naturel capable de régénérer les organes vitaux ? (Visuel Adobe Stock 449057774)

Et si le corps humain disposait d'un bioréacteur naturel capable de régénérer les organes vitaux ? Cette équipe de l'Université de médecine de Wenzhou, de l'Université de Nanjing et de l'Université de Macao redéfinit ici la fonction et le pouvoir de la rate, jusque-là cantonné à un rôle de filtre cellulaire du sang, en un centre autonome de régénération des organes. Ces travaux, révolutionnaires, publiés dans la revue Science Translational Medicine, pourraient, en particulier, révolutionner les traitements du diabète de type 1 et au-delà.

« Les solutions les plus puissantes de la vie ont peut-être toujours été en nous »,

nous expliquent ces chercheurs.
 

 

La recherche dévoile ainsi tout un rôle caché de la rate, qui tel un bioréacteur intégré et vivant bien sûr, un peu soutenu, pourrait faire fonction de niche our le développement des cellules transplantées et

« nourrir de nouvelles vies ».

 

L’étude a, en effet, consisté à reprogrammer le microenvironnement de la rate, grâce à des nanoparticules intelligentes et à optimiser le soutien de la matrice extracellulaire, en accélérant la croissance des vaisseaux sanguins et en supprimant les attaques immunitaires, afin d’obtenir une structure capable d’accueillir des milliards de cellules et de régénérer de nouveaux organes. Ces travaux font suite à de précédents, ayant consisté à faire murir des tissus d'îlots pancréatiques humains -avec succès- dans des rates reprogrammées de macaques. Ce qui également valide le concept de solutions de régénération inter-espèces.

 

Pourquoi la rate ? 

3 superpouvoirs biologiques 

sont ici documentés par ces chercheurs :

  1. son volume généreux, qui lui permet d’accueillir des milliards de cellules ;
  2. son réseau riche en nutriments ;
  3. une adaptation à cette fonction de régénération, avec un faible risque et sans perturber les fonctions vitales de l’organisme.

 

La rate pourrait ainsi et par elle-même constituer une plateforme endogène de régénération d’organes. L’équipe documente ici déjà plusieurs preuves de concept d’une telle approche :

 

  • la reprogrammation en 2020, de rates de souris pour régénérer des fonctions hépatiques
  • la régénération in situ, en 2022 de tissus hépatiques par édition génétique
  • la régénération thyroïdienne – ou régénération de tissus producteurs d’hormones, en 2024 dans des modèles animaux.

 

Quelle application ? Il s’agirait de cultiver, en exploitant ces capacités de la rate, des organes spécifiques et sur mesure pour chaque patient à partir de cellules souches pluripotentes induites (CSPi). La rate agirait ainsi tel un bioréacteur vivant intégré à notre corps. Des applications cliniques qui nécessiteront de longues recherches et une validation rigoureuse de leur sécurité.

 

Dans l’attente, ces travaux apportent une nouvelle vision de l’organe qui jusque-là considéré comme « non essentiel » pourrait devenir un maillon clé de la médecine régénérative.

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