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LONGÉVITÉ : A cerveau jeune, longue vie

Actualité publiée il y a 1 année 2 semaines 5 jours
Nature Medicine
Les personnes « au cerveau jeune » vivent en moyenne plus longtemps que leurs homologues au cerveau plus âgé (Visuel Adobe Stock 184393736)

Les personnes « au cerveau jeune » vivent en moyenne plus longtemps que leurs homologues au cerveau plus âgé, conclut cette équipe de scientifiques de la Stanford Medicine qui, en quelque sorte, confirme l’importance du « mental », du « cérébral » et de la cognition » pour la santé en général. Car si l’on savait que l'âge biologique des organes prédit les maladies, cette étude publiée dans la revue Nature Medicine, confirme l’influence du cerveau sur la survie.

 

Les bougies sur le gâteau d'anniversaire ou l’âge chronologique ne font pas tout. Les études sur la longévité et le vieillissement en bonne santé prennent de plus en plus en compte l’âge biologique qui reflète plus fidèlement le vieillissement. Si l’« âge biologique », reste une métrique énigmatique, plusieurs équipes de recherche ont développé des horloges capables de l’évaluer. Ces horloges permettent de mieux appréhender l'âge du cerveau, des artères ou des reins. Car au-delà d’un âge biologique global, les es organes internes de notre corps vieillissent eux aussi à des rythmes différents...

Un nouvel indicateur sanguin de l'âge des organes

L’un des auteurs principaux, le Dr Tony Wyss-Coray, professeur de neurologie, explique ce développement : « Grâce à cet indicateur, nous pouvons évaluer l'âge d'un organe aujourd'hui et prédire le risque de développer une maladie associée à cet organe 10 ans plus tard ».

De multiples organes, de multiples implications :

Cet indicateur permet même de prédire qui est le plus susceptible de mourir de maladies associées à un ou plusieurs des 11 systèmes organiques étudiés par les chercheurs : cerveau, muscles, cœur, poumons, artères, foie, reins, pancréas, système immunitaire, intestins et graisse.

 

Ce développement a une implication particulière pour le cerveau, dont l’âge biologique impacte la santé et l’âge d’autres organes distants.

Ainsi, l'âge biologique du cerveau joue un rôle primordial dans la détermination de l'espérance de vie globale, liée à la santé de tous nos organes.

« Le cerveau est le gardien de la longévité »,

résument les chercheurs :

 

  • un cerveau âgé augmente le risque de mortalité.
  • Un cerveau jeune, lui, vivra probablement plus longtemps.

 

11 systèmes organiques, 3.000 protéines, 45.000 participants

C’est l’ampleur de cette étude qui a couvert précisément 44.498 participants, âgés de 40 à 70 ans sélectionnés au hasard au sein de la Biobank. L’analyse de 3.000 protéines dans les échantillons sanguins et des dossiers médicaux suivis sur 17 années, révèle que :

 

  • environ 15 % de ces protéines proviennent d'un seul organe ;
  • les différences entre les taux moyens de protéines attribués à chaque organe et les taux moyens ajustés en fonction de l'âge, ont nourri un algorithme ;
  • cet algorithme permet d’attribuer un âge biologique à chacun des 11 organes ou systèmes d'organes évalués pour chaque participant ;
  • l'écart entre la signature multiprotéique de chaque organe chez un participant donné vs la moyenne des personnes du même âge chronologique permet de préciser l’âge biologique relatif de chaque organe ;
  • un écart type supérieur à 1,5 par rapport à la moyenne permet de classer l'organe dans la catégorie « extrêmement âgé » ou « extrêmement jeune » ;
  • un tiers des participants présentent au moins un organe présentant un écart type de 1,5 ou plus par rapport à la moyenne, donc extrêmement âgé ou jeune ;
  • un participant sur 4 présente plusieurs organes extrêmement âgés ou jeunes ;
  • pour le cerveau, « extrêmement âgé » se traduit par le fait de figurer parmi les 6 à 7 % des cerveaux des participants à l'étude dont les signatures protéiques se situaient à une extrémité supérieure de la distribution de l'âge biologique ;
  • idem pour les cerveaux « extrêmement jeunes » qui sont compris dans les 6 à 7 % à l'extrémité opposée. 

 

Enfin, l'algorithme permet, au-delà de l’âge biologique global et de chaque organe ou système, de prédire la santé future, organe par organe bien sûr. En effet, les risques de nombreuses maladies sont influencés par l'âge biologique de nombreux organes ; les associations les plus fortes étant entre le vieillissement biologique d'un organe et le risque de développer une maladie associée à cet organe.

Et le cerveau alors ?

  1. L'association entre un cerveau extrêmement âgé et le développement de la maladie d'Alzheimer est particulièrement forte : une personne dont le cerveau est biologiquement âgé a un risque multiplié par 12 de développer la maladie d'Alzheimer au cours des 10 prochaines années.
  2. Mais, plus important, l'âge cérébral était le meilleur prédicteur de la mortalité globale. Un cerveau extrêmement âgé augmente de 182 % le risque de décès à 15 ans, un cerveau extrêmement jeune réduit de 40 % ce même risque.

 

Bien que l'outil d'analyse ne soit actuellement disponible qu'à des fins de recherche, les équipes travaillent à des tests de routine clinique, qui pourraient être disponibles d'ici 2 à 3 ans.  

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