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MALADIE AUTO-IMMUNE : Sur le risque accru de décès cardiovasculaire

Actualité publiée il y a 1 année 16 heures 45 min
Circulation : Cardiovascular Quality and Outcomes
Les femmes atteintes des maladies auto-immunes les plus courantes décèdent plus souvent de maladies cardiovasculaires que les hommes (Visuel Fotolia 111433913)

C’est un constat dramatique, toujours, que réitère cette équipe de cardiologues de la Cleveland Clinic (Ohio) : les femmes atteintes des maladies auto-immunes les plus courantes décèdent plus souvent de maladies cardiovasculaires que les hommes. En d’autres termes, les femmes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, de lupus ou de sclérodermie systémique présentent un risque de mortalité lié aux maladies cardiovasculaires plus élevé, ce qui souligne à nouveau la nécessité d'une meilleure gestion du risque de maladies cardiovasculaires, chez les femmes.

 

On estime qu‘environ 8 % de la population des pays riches sont atteints d'une maladie auto-immune. Les maladies inflammatoires à médiation immunitaire, telles que la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique, la polyarthrite rhumatoïde, le psoriasis, l'asthme, la sclérose en plaques et le lupus ou encore la sclérodermie systémique constituent un vaste sous-ensemble de maladies auto-immunes caractérisées par une inflammation chronique, susceptible de contribuer aux maladies cardiovasculaires.

 

La polyarthrite rhumatoïde, le lupus et la sclérose systémique comptent parmi les maladies inflammatoires à médiation immunitaire les plus courantes. Les femmes sont 2 à 3 = fois plus susceptibles que les hommes de souffrir de polyarthrite rhumatoïde et environ 9 fois plus susceptibles que les hommes de souffrir de lupus. La sclérodermie systémique, également appelée sclérodermie, est un groupe de maladies auto-immunes rares, distinctes de la sclérose en plaques. Elle se caractérise par un durcissement et un resserrement de la peau, pouvant affecter le tube digestif, les vaisseaux sanguins et les organes internes. La maladie est également plus fréquente chez les femmes.

 

Enfin, de précédentes recherches ont également montré qu'après une crise cardiaque, les personnes atteintes de maladies inflammatoires à médiation immunitaire sont plus susceptibles de décéder, de développer une insuffisance cardiaque ou de subir une seconde crise cardiaque.

 

L’étude est menée précisément auprès de patients atteints de maladies inflammatoires à médiation immunitaire telles que la polyarthrite rhumatoïde, le lupus ou la sclérodermie systémique, et note que si la mortalité cardiovasculaire globale a diminué pour tous les participants entre 1999 et 2020, ce taux de mortalité lié aux maladies cardiovasculaires reste 50 % plus élevé chez les femmes vs les hommes. L’analyse des données concernant plus de 127.000 décès de causes cardiovasculaires parmi plus de 281.000 décès associés à la polyarthrite rhumatoïde, au lupus ou à la sclérodermie systémique, révèle les enseignements suivants :

 

  • les principales causes de décès liées aux maladies cardiovasculaires chez tous ces participants sont la maladie coronarienne et l’accident vasculaire cérébral (AVC) ;
  • le taux global de mortalité cardiovasculaire chez les personnes atteintes de maladies inflammatoires à médiation immunitaire a diminué, passant de 3,9 à 2,1 pour 100.000 chez les femmes et de 1,7 à 1,2 pour 100.000 chez les hommes entre 1999 et 2020, ce qui indique que les femmes continuent de présenter un risque bien plus élevé de décès par maladie cardiovasculaire ;
  • l'écart de mortalité entre les femmes et les hommes est le plus élevé en cas de polyarthrite rhumatoïde ;

  • le taux de mortalité liée aux maladies cardiovasculaires chez les femmes atteintes de polyarthrite rhumatoïde est 3 fois plus élevé que chez les hommes.
  • les femmes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, de lupus ou de sclérodermie systémique sont plus de 2 fois plus susceptibles de décès par arythmie ou d'arrêt cardiaque que leurs homologues masculins au cours de la période de suivi de 22 ans.

 

L’auteur principal, le Dr Heba S. Wassif professeur à l'Université Case Western Reserve et à la Cleveland Clinic, conclut : « cette étude souligne le fardeau important des maladies cardiovasculaires chez les patients atteints de maladies inflammatoires à médiation immunitaire, qui touchent de manière disproportionnée les femmes. Il est essentiel de dépister et de traiter les facteurs de risque cardiovasculaires précocement, dès le diagnostic et périodiquement par la suite ».

 

« Au fur et à mesure que nous comprenons mieux le rôle de l'inflammation dans les maladies cardiovasculaires, nous devons traduire ces connaissances en stratégies de prévention ciblées afin de réduire les décès liés aux maladies cardiovasculaires chez les femmes atteintes de maladies inflammatoires à médiation immunitaire », concluent les chercheurs.

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