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MALADIE de CROHN : Pourquoi cette anémie ?

Actualité publiée il y a 1 année 6 jours 12 heures
International Journal of Molecular Sciences
C’est un lien génétique qui vient d’être découvert entre une carence en fer et la maladie de Crohn (Visuel Adobe Stock 158171447)

C’est un lien génétique qui vient d’être découvert par une équipe de l’Université de Californie – Riverside (UCR) entre une carence en fer et la maladie de Crohn : une mutation, précisément qui perturbe l'absorption du fer et contribue à expliquer l'anémie persistante chez les patients. L’étude, publiée dans l’International Journal of Molecular Sciences, engage à traiter en priorité les patients porteurs de ce variant par supplémentation en fer.

 

La carence en fer et l'anémie, l'une des complications les plus fréquentes chez les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI), dont la maladie de Crohn. Ainsi, bien que les MICI affectent principalement les intestins, leurs effets peuvent dépasser le système intestinal et entraîner une anémie ferriprive- la plus fréquente de ces complications. Cette anémie entraîne encore plus de fatigue et une diminution de la qualité de vie.

Une prévalence de la mutation ferriprive de 14 % en population générale

L'étude, réalisée sur des échantillons de sérum de patients atteints de MICI, révèle que les patients porteurs d'une mutation avec perte de fonction du gène PTPN2 (protéine tyrosine phosphatase non réceptrice de type 2) présentent une perturbation significative des protéines sanguines régulant le taux de fer. Cette mutation est présente chez 14 à 16 % en population générale et chez 19 à 20 % des patients atteints de MICI.

 

« Cette découverte met en lumière un mécanisme essentiel qui relie la génétique d'un patient à sa capacité à absorber et à réguler le fer, essentiel au maintien d'une glycémie et d'un niveau d'énergie suffisant », explique l’auteur principal, Declan McCole, professeur de biomédecine à l’UCR : « Nos résultats expliquent pourquoi

certains patients atteints de MICI restent carencés en fer malgré une supplémentation orale ».

  • Lorsque les chercheurs suppriment le gène PTPN2 chez la souris, ces modèles deviennent incapables d'absorber efficacement le fer et développent une anémie ;
  • la dysfonction du gène PTPN2 induit une diminution des taux d'une protéine clé de l'absorption du fer, située dans les cellules épithéliales intestinales, les cellules responsables de l'absorption des nutriments alimentaires ;
  • la perturbation de la voie d’absorption intestinale du fer apporté par les aliments par des variants génétiques comme ceux du gène PTPN2 contribue en effet à expliquer pourquoi certains patients atteints de MICI ne répondent pas à la supplémentation orale en fer. 

 

Quelles implications ? Devraient être envisagées des thérapies ciblées allant au-delà du contrôle de l'inflammation et visant à traiter les complications systémiques comme l'anémie et notamment les patients porteurs de variants du gène PTPN2.

 

Ces thérapies devraient passer par une supplémentation en fer intraveineuse systémique plutôt que par voie orale, qui peut être mal absorbée.

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