MALADIE VASCULAIRE PÉRIPHÉRIQUE : Les femmes toujours laissées pour compte ?
Les femmes atteintes de maladies vasculaires périphériques sont souvent sous-diagnostiquées et sous-traitées, relève cette équipe d’angiologues de la Wake Forest University School of Medicine. L’équipe d’experts propose, dans Circulation, la revue de l’American Heart Association, de nouvelles stratégies de traitement adaptées et une représentation accrue des femmes dans les essais cliniques pour combler ces lacunes, et améliorer le pronostic à long terme des femmes atteintes de ces maladies.
Ces travaux mettent en lumière des disparités importantes entre les femmes et les hommes, sur la prise en charge des maladies vasculaires périphériques notamment en termes de connaissance des facteurs de risque, des symptômes, de dépistage, de traitement et de résultats de santé.
Les maladies vasculaires périphériques qui affecte les artères, les veines et les systèmes lymphatiques de tout le corps, touchent les femmes aussi, bien sûr, cependant, il existe des différences significatives à la fois en termes d'incidence, de symptômes et de résultats : chez les femmes, les symptômes sont souvent subtils ou atypiques, ce qui peut accroître le risque de sous-diagnostic ou de retard de diagnostic, et donc de retard de traitement.
Maladies vasculaires périphériques, toujours de grandes disparités selon le sexe
Les disparités entre hommes et femmes en termes de prévalence, de facteurs de risque et de symptômes de ces maladies ont un impact profond sur la prévention, le diagnostic, le traitement et les résultats, explique l’un des experts, le Dr Esther S.H. Kim, professeur de médecine à la Wake Forest University : « Les maladies vasculaires périphériques sont souvent sous-reconnues et peu étudiées chez les femmes. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour identifier et traiter ces disparités ». Parmi les grandes conclusions du groupe de travail :
- Maladie artérielle périphérique : cette affection qui restreint le flux sanguin vers les membres, est la forme la plus courante de maladie vasculaire périphérique et touche globalement les hommes et les femmes à des taux similaires. Cependant, les femmes sont plus susceptibles de ne présenter aucun symptôme ou des signes atypiques avec déclin fonctionnel plus important que les hommes : dont, une vitesse de marche très ralentie et une distance très raccourcie. Les femmes sont moins susceptibles de recevoir le traitement standard ou de suivre des programmes d'exercices supervisés.
- Maladie aortique : les femmes atteintes d'aortopathie (affections affectant l'aorte) ont tendance à être diagnostiquées à un âge plus avancé et à présenter une maladie plus grave que les hommes. Si les femmes bénéficient de l’effet protecteur des hormones œstrogènes, elles sont confrontées à un risque disproportionnellement plus élevé de complications graves, notamment de rupture d’anévrisme et de mortalité. Enfin, les femmes qui subissent des procédures mini-invasives telles que la réparation endovasculaire de l’aorte thoracique sont confrontées à des taux de mortalité à court et à long terme plus élevés et à un risque accru d’accident vasculaire cérébral après la chirurgie.
- Anévrismes périphériques et troubles artériels : Ces pathologies, dont la dysplasie fibromusculaire et le syndrome d’Ehlers-Danlos vasculaire varient en fréquence et en évolution entre les hommes et les femmes : la dysplasie fibromusculaire est 5 à 9 fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, tandis que les anévrismes de l’artère poplitée (derrière le genou) surviennent environ 20 fois plus souvent chez les hommes.
- Maladie carotidienne extracrânienne athéroscléreuse : La composition de la plaque carotidienne dans le cou et le cerveau et l’impact sur le risque d’accident vasculaire cérébral, ainsi que les options de traitement et les résultats, sont également différents pour les femmes. Les facteurs de risque d’accident vasculaire cérébral spécifiques au sexe chez les femmes comprennent la prééclampsie (ou hypertension artérielle pendant la grossesse), l’âge avancé à la ménopause et l’utilisation d’un traitement aux œstrogènes.
- Maladie athéroscléreuse des artères rénales et mésentériques : les recherches sur les différences entre les maladies des reins et des artères mésentériques (vaisseaux sanguins qui transportent le sang de l'aorte vers le tube digestif) restent limitées. Des études ont montré que les femmes sont 3 fois plus susceptibles d'être touchées par une ischémie mésentérique chronique (diminution du débit sanguin) que les hommes.
- Vascularite : le développement de la vascularite, une maladie auto-immune qui provoque une inflammation des vaisseaux sanguins, et les caractéristiques cliniques varient fortement selon le sexe, aussi.
Les chercheurs appellent à plus de recherche pour définir les différences en matière de maladie vasculaire périphérique, chez les femmes, avec, en conséquence, une représentation suffisante des femmes dans les essais cliniques et une analyse des données selon le sexe. Ces données sont nécessaires pour mettre en œuvre des stratégies de traitement plus optimales pour les femmes, qui tiennent compte de leur physiologie unique et des différences de présentation de la maladie.
Enfin, il s’agit aussi d’améliorer la formation des cliniciens et des professionnels de la santé sur la reconnaissance et la prise en compte de ces différences spécifiques au sexe.
Autres actualités sur le même thème
SANTÉ CARDIOVASCULAIRE : Les bienfaits du régime végétalien
Actualité publiée il y a 2 années 5 moisRISQUE CARDIOMÉTABOLIQUE : 1 heure d’activité fait une grande différence
Actualité publiée il y a 4 années 1 semaineINSUFFFISANCE CARDIAQUE : Le coeur peut-il se guérir tout seul ?
Actualité publiée il y a 1 année 4 moisGROSSESSE : Exposition aux PHTALATES et HTA
Actualité publiée il y a 1 année 10 mois
ABONNEMENT PREMIUM
Accédez sans limite à plus de 15 000 actualités



