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MICROBIOME CUTANÉ : Il nous protège aussi du soleil !

Actualité publiée il y a 1 année 1 semaine 3 jours
Journal of Investigative Dermatology
L'étude révèle que les bactéries de notre peau – ou microbiome cutané- peuvent nous protéger des effets néfastes du soleil (Visuel Adobe Stock 526880706)

Cette étude menée par des chercheurs du Centre International de Recherche en Infectiologie (CIRI, Lyon) et de l'université de Graz (Autriche) révèle que les bactéries de notre peau – ou microbiome cutané- peuvent nous protéger des effets néfastes du soleil. Ce décryptage de l’interaction fascinante entre les bactéries cutanées et les rayons UV, rapportée dans le Journal of Investigative Dermatology, constitue une avancée en photodermatologie et ouvre la voie à une protection solaire respectueuse du microbiome.

 

Le microbiome cutané joue un rôle important dans la santé et la maladie. Ces chercheurs décryptent comment certaines bactéries cutanées peuvent nous protéger des rayons ultraviolets (UV) du soleil, notamment en métabolisant l'acide cis-urocanique, grâce à une enzyme appelée urocanase. Cette action permet à la peau d'optimiser sa réponse aux rayons UV.

 

La peau abrite un vaste écosystème composé de millions de micro-organismes, dont des bactéries, des champignons et des virus. La composition du microbiome cutané est unique, complexe et varie considérablement selon la localisation anatomique. Les microbes commensaux vivent dans une relation bénéfique ou neutre sans causer de dommages, adaptent leur métabolisme à leur microenvironnement, se nourrissant des nutriments de notre peau et produisant différentes molécules qui affectent leur environnement et interagissent avec nos cellules cutanées.

 

L’un des auteurs principaux, principal, VijayKumar Patra, chercheur au CIRI, explique : « À ce jour, de nombreux facteurs internes et externes ont été identifiés comme influençant la composition du microbiome cutané. Parmi ceux-ci figurent divers paramètres individuels tels que l'origine ethnique, le sexe, l'âge, les niveaux d'hormones, l'alimentation et l'hygiène, mais les facteurs environnementaux et les expositions professionnelles, à la pollution et aux changements climatiques ont également une influence majeure. Nous savons depuis longtemps que

les rayons UV modulent les réponses immunitaires contre les antigènes environnementaux à la surface de la peau

et, plus récemment, que le microbiome cutané joue également un rôle dans la régulation de ces réponses.

L’étude révèle que

certains microbes sont activement impliqués dans cette protection solaire,

voire interfèrent, avec les effets des UV et commence à décrypter ce chevauchement entre le métabolisme microbien et l'immunité de l'hôte. Les scientifiques utilisent une combinaison de techniques de séquençage du microbiome, de tests immunologiques, de cultures in vitro et d’études précliniques sur des souris modèles chez lesquelles tous les micro-organismes ont été prédéfinis, afin d’étudier précisément la réponse des bactéries cutanées aux rayons UVB. Ces différentes analyses révèlent que :

 

  • certaines bactéries cutanées métabolisent spécifiquement l'acide cis-urocanique, un photoproduit de l'acide trans-urocanique, qui absorbe les UV de la couche cornée, grâce à une enzyme appelée urocanase ;
  • l'acide cis-urocanique exerce de puissants effets immunomodulateurs ;
  • ce métabolisme microbien limite ensuite la capacité de l'acide cis-urocanique à inhiber les réponses immunitaires, ce qui signifie que
  • les bactéries cutanées sont en mesure d’adapter finement la réponse de notre peau aux rayons UV.

 

Quelles implications/applications ? Les chercheurs soulignent l'interaction fascinante entre les crèmes solaires, l'acide cis-urocanique et le microbiome, en compétition dans et sur la couche cornée, la couche la plus superficielle de la peau. La compréhension de ces interactions microbe-hôte vont certainement inciter à repenser la protection solaire mais peut-être aussi la photothérapie.

 

On retiendra que les communautés microbiennes ne sont pas des victimes passives du stress environnemental, mais des régulateurs dynamiques des réponses immunitaires, capables de métaboliser les composés cutanés induits par les UV, tels que l'acide cis-urocanique.

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