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MICROPLASTIQUES : L’épidémie silencieuse qui nous engloutit

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 1 semaine
Carbon Research
Ces micro-substances omniprésentes ont envahi notre planète et « infecté » tout le corps humain (Visuel Adobe Stock 10825117362)

Les études se succèdent pour alerter contre cette invasion, silencieuse, des microplastiques. Ces micro-substances omniprésentes ont envahi notre planète et « infecté » tout le corps humain. C’est au tour de cette équipe de biologistes de l’Université agricole de Shenyang (Chine) de dénoncer la présence de ces microparticules toxiques dans différents tissus humains. Ces travaux, publiés dans la revue Carbon Research, soulignent l’urgence d’une évaluation complète des risques, fondée sur des preuves, afin de répondre aux inquiétudes du public.

 

Les microplastiques sont définis comme de petites particules de plastique mesurant moins de 5 mm. Composés de polymères synthétiques et de différents additifs chimiques, ils sont aujourd’hui omniprésents dans l'environnement et affectent les écosystèmes aquatiques, terrestres et atmosphériques. De nombreux microplastiques sont suffisamment petits pour être ingérés par l'homme via l'eau ou les aliments contaminés, ce qui entraîne des risques, déjà documentés, pour la santé.

 

Cette nouvelle analyse des données disponibles est qualifiée de révolutionnaire en ce qu’elle confirme la présence de ces microplastiques dans différents tissus humains, alors que d’autres équipes dans le même temps suggèrent les effets néfastes de ces minuscules particules sur nos fonctions physiques.

 

Face à ces alertes, les scientifiques soulignent les lacunes subsistant dans notre compréhension, dans l’identification des différents processus toxicologiques sous-jacents, sur la relation dose-réponse et sur les organes cibles les plus vulnérables. C’est donc aussi un appel à ne pas abandonner les efforts de recherche et à développer rapidement des technologies avancées permettant de quantifier précisément cette exposition aux microplastiques.

Un rappel de l'omniprésence de la pollution plastique

« Il ne s'agit pas seulement d'une question scientifique ; c'est une crise de santé publique en devenir », ajoute l’auteur principal, Shaoyan Zhao. « Nous devons agir dès maintenant pour protéger notre santé et celle des générations futures ».

 

De plus en plus de preuves indiquent que les microplastiques constituent des menaces importantes pour nos organismes :

 

  • les microplastiques peuvent infliger des lésions intestinales par frottement physique, ce qui peut ensuite entraîner des lésions cellulaires, une inflammation et des réponses immunitaires ;
  • les microplastiques peuvent perturber la barrière hémato-testiculaire et altérer la spermatogenèse chez l'homme ;
  • la surface des microplastiques vieillis présente des caractéristiques hydrophiles dues à une augmentation des groupes carboxyle et hydroxyle, ce qui renforce leur capacité à adsorber les polluants hydrophiles, avec des implications toxicologiques ;
  • ces microplastiques atteignent de nombreux tissus et organes, et « montent » jusqu’au cerveau.
  • les microplastiques plus petits peuvent pénétrer les tissus et se déplacer dans l'organisme ;
  • ainsi, les microplastiques ont été largement détectés dans les tissus humains et en particulier dans la circulation sanguine humaine ;
  • la translocation de particules de polystyrène mesurant moins de 1 mm du compartiment maternel au compartiment fœtal a été observée (chez la souris) ;
  • ces particules peuvent entraîner une cytotoxicité et une nécroptose ;
  • des altérations des processus métaboliques ont été observées dans le côlon, le foie et le cerveau de souris exposées soit à des microsphères de polystyrène (5 µm) soit à un mélange de microsphères polymères contenant 5 µm de polystyrène et 1 à 4 µm de polyéthylène ;
  • l'administration par gavage oral de microplastiques ou la transplantation fécale du microbiote de souris exposées aux microplastiques compromet significativement les capacités d'auto-renouvellement et de reconstitution des cellules souches hématopoïétiques.

 

Bien que ces effets indésirables aient été observés à des niveaux d'exposition supérieurs à ceux généralement rencontrés par les humains, les relations dose-réponse pour ces matériaux restent largement inexplorées.

 

Cette analyse souligne l'importance cruciale de poursuivre les recherches sur l'interaction des microplastiques avec notre organisme, notamment sur la relation entre les niveaux d'exposition et les effets sur la santé, les organes les plus exposés et les mécanismes par lesquels ces particules exercent leurs effets nocifs.

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