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OBÉSITÉ : Enfin une nouvelle définition clinique, qui ne se limite pas à l’IMC

Actualité publiée il y a 1 année 4 semaines 1 jour
The Lancet Diabetes & Endocrinology
Une association mondiale d'experts propose une refonte majeure du diagnostic de l'obésité, bien au-delà de l'indice de l’indice de masse corporelle (Visuel Adobe Stock 325739947).

L’obésité, ce n’est pas qu’un IMC élevé, ont déjà affirmé de nombreux endocrinologues. Aujourd’hui, c’est une Commission mondiale de médecins experts, approuvée par plus de 75 organisations médicales et sociétés savantes à travers le monde qui propose une refonte majeure du diagnostic de l'obésité, bien au-delà de l'indice de l’indice de masse corporelle (IMC). Cette nouvelle approche plus nuancée, présentée dans le Lancet Diabetes & Endocrinology, intègre des mesures de la graisse corporelle et une évaluation de sa distribution, ce qui réduit considérablement le risque d'erreur de classification.

Plus d’un milliard de personnes dans le monde vivent actuellement avec l’obésité.

Cependant, soulignent ces experts, les approches médicales actuelles pour diagnostiquer l'obésité reposent sur l'IMC, qui n'est pas, à lui seul, une mesure fiable de la santé ou de la maladie au niveau individuel. Ne prendre en compte que l’IMC peut entraîner une erreur de diagnostic avec des conséquences négatives pour les patients concernés.

 

L’un des auteurs principaux, le professeur Robert Eckel, de l’Université du Colorado Anschutz précise ainsi : « Se fier uniquement à l’IMC pour diagnostiquer l’obésité est problématique, car certaines personnes ont tendance à stocker un excès de graisse au niveau de la taille ou dans et autour de leurs organes, comme le foie, le cœur ou les muscles, ce qui est associé à un risque pour la santé plus élevé que lorsque l’excès de graisse est stocké juste sous la peau dans les bras, les jambes ou dans d’autres parties du corps.

 

Par ailleurs, les personnes ayant un excès de graisse corporelle n’ont pas toujours un IMC indiquant une obésité, ce qui signifie que leurs problèmes de santé peuvent passer inaperçus.

Enfin, certaines personnes ont un IMC élevé et une masse grasse corporelle élevée, mais conservent des fonctions organiques et corporelles normales, sans signes ni symptômes de maladie ».

2 nouvelles catégories diagnostiques de l’obésité

La Commission instaure en effet 2 nouvelles catégories diagnostiques basées sur des mesures objectives de la maladie au niveau individuel :

 

  • « l’obésité clinique » : une maladie chronique associée à un dysfonctionnement continu des organes ;
  • « l’obésité préclinique » induisant un niveau variable de risque pour la santé, mais sans maladie en cours.

 

Revoir les limites de la définition et du diagnostic : la prise en compte du seul IMC entrave à la fois la pratique clinique et les politiques de santé : les personnes obèses ne reçoivent pas les soins dont elles ont besoin et certaines personnes reçoivent des soins dont elles n’ont pas besoin. En effet, certaines personnes pourtant en surpoids, peuvent maintenir le fonctionnement normal de leurs organes et leur santé générale, même à long terme, tandis que d’autres présentent des signes et des symptômes.

 

Ne pas limiter l’obésité à un facteur de risque : il s’agit en effet de trouver la juste limite pour apporter aux patients qui souffrent de problèmes de santé dus uniquement à l’obésité les bons soins de santé, tout en évitant le surdiagnostic et un recours injustifié à des médicaments et à des interventions chirurgicales chez les personnes n’ayant pas développé ces complications.

 

Les approches diagnostiques actuelles sont inefficaces :  aujourd’hui, l'obésité est définie par un IMC supérieur à 30 kg/m2, avec quelques nuances, selon les pays pour tenir compte de la variabilité ethnique du risque. Or l'IMC n'est pas une mesure directe de la graisse, ne reflète pas sa distribution dans le corps et ne fournit pas d'informations sur la santé et la maladie au niveau individuel. Si l’IMC reste un outil de dépistage utile, il constitue une donnée insuffisante pour la détection de l’obésité.

 

De nouvelles recommandations pour le diagnostic : les experts recommandent, qu’en plus de l’IMC, les médecins prennent en compte :

 

  • au moins une mesure de la taille (tour de taille, rapport taille-hanches ou rapport taille-taille) en plus de l'IMC ;
  • si possible, au moins 2 mesures de la taille (tour de taille, rapport taille-hanches ou rapport taille-taille) indépendamment de l'IMC ;
  • si possible, une mesure directe de la masse grasse corporelle (par exemple par une ostéodensitométrie ou DEXA) indépendamment de l'IMC ;
  • chez les patients avec IMC très élevé (par exemple > 40 kg/m2), en revanche on peut supposer de manière pragmatique qu'il existe un excès de masse grasse corporelle.

 

Une nouvelle définition de l'obésité clinique est proposée par la Commission : l'obésité clinique est définie comme un état d'obésité associé à des signes et/ou symptômes objectifs de réduction de la fonction organique ou à une capacité de fonctionnement au quotidien considérablement réduite en raison d'un excès de graisse corporelle. Les personnes souffrant d'obésité clinique doivent être considérées comme souffrant d'une maladie chronique et recevoir une prise en charge et des traitements appropriés.

 

Des critères diagnostiques dont 18 chez l’adulte et 13 chez les enfants et les adolescents viennent étayer cette définition, parmi lesquels :

 

  • l’essoufflement- causé par les effets de l'obésité sur les poumons,
  • l’insuffisance cardiaque induite par l'obésité,
  • des douleurs au genou ou à la hanche,
  • une raideur articulaire et une amplitude de mouvement réduite - effet direct de l'excès de graisse corporelle sur les articulations,
  • des altérations des os et des articulations chez les enfants et les adolescents qui vont jusqu’à limiter les mouvements,
  • d’autres symptômes variés causés par un dysfonctionnement des organes…

 

Une définition de l’obésité préclinique est également proposée : soit un état d'obésité avec une fonction organique normale.

On l’aura compris, l’obésité devient "clinique" lorsqu’elle induit ou s’accompagne d’un dysfonctionnement organique.

Cette redéfinition de l’obésité par la Commission vise à garantir que toutes les personnes atteintes d’obésité reçoivent des conseils et les soins de santé appropriés et mieux personnalisés. L’objectif majeur étant pour ces personnes de retrouver ou d’améliorer pleinement les fonctions corporelles réduites par l’excès de graisse corporelle, plutôt que de simplement perdre du poids.

 

La question de la stigmatisation ne doit pas être négligée : « Des études montrent que la manière dont l’obésité est généralement abordée contribue à la stigmatisation du poids, ce qui rend la prévention, la gestion et le traitement plus difficiles. L’approche proposée par cette Commission peut contribuer à dissiper les idées fausses et à réduire la stigmatisation ».

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