OBÉSITÉ et TROUBLES MENTAUX : Les agonistes du GLP-1 restent sécure
Alors que l’obésité est souvent associée à certains troubles de la santé mentale, il était crucial de s’assurer de la sécurité de ces nouveaux médicaments de perte de poids, les agonistes du GLP-1. Cette revue exhaustive de la littérature publiée sur le sujet, menée à l’Université de Berne, publiée dans la revue Psychoneuroendocrinology et présentée lors du Congrès sur l’Obésité ECO2025, confirme que les anti-GLP-1 sont sûrs et efficaces pour traiter l'obésité chez ce groupe de patients atteints de troubles mentaux.
Les agonistes du GLP-1 permettent donc une perte de poids significative et une amélioration du contrôle de la glycémie chez les adultes atteints de troubles mentaux graves. Mais, avantage supplémentaire, ils ont également des effets positifs sur l'humeur, le bien-être et la qualité de vie. Cet avantage vaut pour tous les patients concernés, quelle que soit leur santé mentale.
L’un des auteurs principaux, le Dr Sigrid Breit, chercheur à l'Université de Berne relève : « Nos résultats suggèrent que les agonistes du GLP-1 sont tout aussi sûrs et efficaces chez les adultes atteints de troubles mentaux que chez les personnes en bonne santé mentale. De plus ces médicaments permettent de réduire significativement la prise de poids induite par les psychotropes et d'améliorer le contrôle glycémique, tout en préservant la santé cardiométabolique ».
Les patients souffrant de troubles mentaux sont 3 fois plus susceptibles de souffrir d’obésité
Les maladies mentales sont associées à un risque accru de prise de poids et de troubles métaboliques comme l'obésité et le diabète de type 2. On estime ainsi qu'environ 60 % des personnes atteintes de troubles mentaux graves sont en surpoids ou obèses. Une prise de poids importante est également un effet secondaire fréquent de nombreux psychotropes, notamment d’antidépresseurs et d’antipsychotiques, en particulier chez les personnes atteintes de troubles mentaux graves comme la schizophrénie et la dépression. De plus, ces personnes doivent prendre leurs médicaments à vie, afin d’éviter le risque de récidive.
Les agonistes du GLP-1 comme le liraglutide et le sémaglutide imitent l'action d'une hormone incrétine, le glucagon-like peptide-1 (GLP-1) qui stimule la production d'insuline et diminue la glycémie. Plus récemment, ces médicaments se sont également confirmés comme efficaces contre l'obésité : ils ralentissent la digestion, augmentent la sensation de satiété et réduisent la faim. Jusque-là cependant, les preuves de l'impact des agonistes du GLP-1 chez les personnes souffrant d'obésité et de troubles mentaux restaient très limitées.
L’étude est une revue systématique et une méta-analyse des données d'essais cliniques et de séries de cas examinant la sécurité et l'impact des anti-GLP-1 sur les troubles métaboliques induits par les médicaments psychotropes, tels que l'obésité et le diabète de type 2, ainsi que sur l'évolution des troubles mentaux. Les chercheurs ont pris en compte les études publiées de 2010 à août 2024, soit 36 études, portant sur un total de 25.677 participants adultes de 19 pays. 18 études examinaient l'effet des agonistes du GLP-1 sur la perte de poids, le contrôle glycémique et l'évolution des troubles mentaux chez des adultes atteints de troubles mentaux graves, tels que le trouble dépressif majeur, le trouble bipolaire, la schizophrénie et les troubles liés à la consommation d'alcool. 18 autres études examinaient le bien-être émotionnel et la qualité de vie de participants en surpoids ou obèses, sans antécédents de troubles mentaux graves, après un traitement par agoniste du GLP-1. 4 agonistes du GLP-1 étaient pris en compte dans ces études, le liraglutide (Victoza), le sémaglutide (Ozempic ou Wegovy), l’exénatide (Byetta ou Bydureon) et le dulaglutide (Trulicity). L’analyse révèle que :
- le traitement par agoniste du GLP-1 entraîne une perte de poids significative et un meilleur contrôle glycémique chez les adultes atteints de troubles mentaux et prenant des psychotropes ;
- la perte de poids la plus importante est observée avec le liraglutide (jusqu’à 3 mg par jour) : les participants atteints de schizophrénie ou de trouble schizo-affectif ont perdu jusqu’à 5,3 kg et ont vu leur glycémie (HbA1c) diminuer de 3,6 mmol/mol après 6 mois, vs placebo ;
- le sémaglutide (2,4 mg une fois par semaine) a entraîné une perte de poids allant jusqu’à 15,7 % du poids corporel, à 68 semaines chez les patients sous antidépresseurs et vs placebo ;
- pas d’idéation ou de comportements suicidaires : en effet, les agonistes du GLP-1 n'apparaissent pas associés à une aggravation de l'état mental, à des comportements suicidaires, à de nouveaux diagnostics de troubles mentaux ou à une augmentation des admissions en psychiatrie.
- l'analyse de 4 des études sur les tendances suicidaires chez des adultes atteints de trouble bipolaire, de trouble dépressif majeur ou bipolaire, ou sans trouble mental, conclut ainsi que le liraglutide n'est pas associé à une augmentation significative des taux de pensées suicidaires ;
- 2 autres études portant sur l'exénatide chez des patients souffrant de troubles liés à la consommation d'alcool et sur le liraglutide chez des patients atteints de trouble bipolaire n’observent aucune différence significative en termes de comportements suicidaires vs placebo.
Cette analyse qui soutient ainsi l’utilisation des agonistes du GLP-1 chez les patients souffrant de troubles mentaux, n’exclut pas, soulignent les chercheurs, en attendant de disposer de plus de recul et de données plus probantes, de
maintenir une surveillance étroite de ces patients lors de l’utilisation de ces médicaments.
L’effet bénéfique sur la santé mentale, que les patients soient atteints ou non de troubles mentaux doit également être souligné : « les agonistes du GLP-1 pourraient avoir des effets antidépresseurs et anxiolytiques, notamment en raison de leurs propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, qui peuvent également contribuer à réduire la neuroinflammation ».
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