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ORGANOÏDES : Des ovaroïdes pour étudier les DDS et l’infertilité

Actualité publiée il y a 1 année 2 jours 5 heures
ESPE et ESE
Cet ovaroïde va permettre une meilleure compréhension et le développement de nouveaux traitements pour les anomalies ou différences de développement sexuel (DDS) et l'infertilité (Visuel Adobe Stock 826191555).

Cette équipe de l’Institut Pasteur vient de développer des « mini-ovaires » ou organoïdes d’ovaires qui vont faciliter la recherche sur l'infertilité. Ce nouveau modèle « d’ovaroïdes », développé à partir de cellules souches, qui vient d’être présenté lors du Congrès de la Société européenne d'endocrinologie pédiatrique (ESPE) et de la Société européenne d'endocrinologie (ESE), va permettre une meilleure compréhension et le développement de nouveaux traitements pour les anomalies ou différences de développement sexuel (DDS) et l'infertilité.

 

Les organoïdes constituent un modèle plus durable pour la recherche médicale et évitent ou permettent de réduire les études pré-cliniques.

 

Ces modèles cellulaires trouvent ici une application de choix dans les troubles du développement sexuel et l’infertilité : au cours du développement embryonnaire humain, la détermination du sexe intervient très tôt, ce qui rend le processus difficile à étudier et à comprendre. Les gonades commencent à se former vers 4 semaines, et la décision de devenir des testicules ou des ovaires intervient vers 6 semaines. Il arrive cependant qu'une discordance entre les chromosomes sexuels d'un individu et le sexe gonadique ou anatomique soit observée : il s'agit d'un groupe de pathologies rares appelées différences de développement sexuel.

Un modèle d’étude pour les différences de développement sexuel

Les différences de développement sexuel (DDS) sont des pathologies rares (environ 1 sur 4.500), avec des formes plus légères pouvant survenir chez environ 1 personne sur 200. Les DSD sont souvent détectées avant la naissance ou au cours de la petite enfance, certaines ne se manifestant qu'à la puberté ou plus tard. Au cours des 15 dernières années, un nombre croissant de gènes ont été impliqués dans le développement atypique des gonades, mais environ 50 % des enfants présentant des troubles de la personnalité dissociée dus à une formation atypique des gonades ne bénéficient toujours pas d'un diagnostic génétique définitif.

Mieux comprendre le développement et la pathologie des gonades 

L’étude a consisté à différencier des cellules souches pluripotentes induites humaines (hiPSC) en cellules de type granulosa – un type de cellules somatiques ovariennes qui forme l’enveloppe protectrice externe de l'ovule en développement et contribue ainsi à la croissance et à la maturation des ovules – et en cellules de type germinales primordiales -qui produisent les gamètes. Les scientifiques ont ensuite combiné les 2 groupes de cellules pour former les ovoïdes humains, qui reproduisent les aspects structurels et fonctionnels clés des follicules ovariens.

 

De précédents modèles d'ovoïdes : ce nouveau modèle d’organoïde combine pour la première fois la génération simultanée des cellules de type granulosa et des cellules de type germinales primordiales, sans ajout de facteurs de transcription exogènes. Un point important selon l’auteur principal, le Dr Anu Bashamboo de l’Institut Pasteur : « Les facteurs de transcription sont des protéines qui se lient à des séquences d'ADN spécifiques et activent ou désactivent les gènes voisins. L'utilisation de facteurs externes peut donc modifier le programme génétique inné des cellules, ce qui rend les populations dérivées inadaptées à la modélisation des maladies ».

 

En disposant de modèles de développement testiculaire et ovarien spécifiques à l'Homme, cultivés en laboratoire, à l'aide de cellules souches pluripotentes induites (hiPSC), la recherche va pouvoir surmonter les principaux défis de ce domaine, notamment la mauvaise conservation des gènes et des mécanismes du développement entre les espèces, ce qui rend ici les modèles animaux particulièrement inadaptés.

 

De nouvelles perspectives également, pour le criblage de médicaments et des toxines environnementales affectant les gonades humaines, pour la médecine personnalisée et de futures interventions thérapeutiques.

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