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POLYARTHRITE RHUMATOÏDE : Le test qui prédit la bonne biothérapie

Actualité publiée il y a 1 année 1 semaine 1 jour
Nature
L'étude décrit le premier test clinique au monde permettant de sélectionner le « bon » traitement personnalisé contre la polyarthrite rhumatoïde (Visuel Adobe Stock 58746081)

Ces scientifiques de Queen Mary de Londres viennent de développer le premier test clinique au monde permettant de sélectionner le « bon » traitement personnalisé contre la polyarthrite rhumatoïde. L’étude, publiée dans la revue Nature, confirme l’efficacité et la capacité de « phénotypage » de la technologie, qui va permettre de gagner du temps et d’apporter de meilleurs résultats aux patients.

 

On estime que la polyarthrite rhumatoïde touche environ 1 personne sur 100 dans les pays riches. Et cette maladie auto-immune bien que plus fréquente après 40 ans, peut survenir à tout âge.

 

Les biothérapies constituent le traitement de référence. Les cliniciens utilisent des protéines génétiquement modifiées, fabriquées à partir de cellules vivantes, pour ralentir la maladie en ciblant les parties spécifiques du système immunitaire dysfonctionnelles.

Cependant, la réponse des patients aux biothérapies varie en fonction de leur patrimoine génétique.

Le taux d'échec des biothérapies individuelles reste de 40 %.

Le choix d’un traitement biologique adapté est donc un défi, et, en pratique, la plupart des patients atteints sont contraints de subir plusieurs séries de traitements infructueux avant de recevoir le traitement adapté.

 

Aujourd'hui, les médecins ne disposent d'aucun test diagnostique clinique permettant de prédire quelle approche sera la plus efficace pour un patient donné. Cela pose un vrai problème, car ces thérapies agissent en désactivant certaines parties du système immunitaire. Le risque d'infection est élevé et les effets secondaires peuvent être sévères.

 

L’étude, un essai clinique de grande envergure permet une avancée vers un test prédictif en pratique clinique. Elle permet le développement d’une méthode de prédiction de la réponse des patients aux 3 principaux traitements biologiques (l'étanercept, le tocilizumab et le rituximab) de la polyarthrite rhumatoïde.

 

La méthode utilise le phénotypage moléculaire profond et l'apprentissage automatique sur une petite biopsie prélevée sur les articulations du patient, et donc diffère des précédentes tentatives infructueuses de développement d'un test clinique basé sur des échantillons sanguins. En pratique :

 

  • le patient fournit un échantillon de tissu d'une articulation affectée, dont le clinicien extrait l'ARN et mesure l'activité de 524 gènes spécifiques afin de comprendre le fonctionnement des cellules du patient : c’est le phénotypage moléculaire ;
  • ces données sont analysées par 3 modèles d'apprentissage automatique – correspondant aux principaux traitements biologiques de la PR – qui prédisent la probabilité d’une réponse satisfaisante du patient à chaque traitement ;
  • le médecin peut ainsi prescrire le traitement le plus performant, voire adopter une approche totalement différente si le modèle conclut qu'aucun des 3 traitements ne fonctionne.

 

L’auteur principal, le Dr Myles Lewis, professeur de médecine de précision et de rhumatologie à l'Université Queen Mary, explique : « Prédire la réponse d'un patient à une thérapie biologique est un défi depuis de nombreuses années. Si de précédentes recherches ont identifié plusieurs biomarqueurs, aucun n'a été transposé avec succès à des tests cliniques ».

Ici, la réponse est apportée par le phénotypage moléculaire profond et l'apprentissage automatique.

L’essai conclut que la méthode apporte un résultat exact pour 79 % à 85 % des patients.

Des patients qui vont donc recevoir « du premier coup » le « bon » traitement.

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