PSYCHIATRIE : Oui, les tests biologiques ont toute leur place dans le diagnostic
Repenser la psychiatrie grâce aux tests biologiques, c’est l’avancée défendue par cette équipe de psychiatres de l’Université de Groningue (Pays-Bas) qui soutient leur intérêt pour améliorer le diagnostic des troubles mentaux. Un nouveau paradigme, documenté dans la revue Molecular Psychiatry, rendu possible grâce aux nouveaux outils numériques permettant de collecter et d'analyser de grandes quantités de données.
Pour rendre les soins de santé mentale plus précis et personnalisés, 2 changements majeurs sont ici suggérés :
- le protocole de soins doit intégrer les dernières découvertes scientifiques et les nouvelles technologies ;
- le diagnostic des troubles mentaux ne doit pas reposer seulement sur les symptômes, mais davantage sur la biologie et des preuves cliniques objectives.
L’étude est menée par un consortium de psychiatres, d’associations de patients et de laboratoires pharmaceutiques, avec l’objectif d’intégrer systématiquement des tests biologiques objectifs au diagnostic des troubles psychiatriques. Elle livre
une nouvelle feuille de route pour une psychiatrie de précision.
Le projet a été coordonné par Martien Kas, professeur de neurosciences comportementales à l’Institut des sciences de la vie évolutives de Groningue (GELIFES) à l’Université de Groningue. « De nombreux traitements actuels ne sont pas efficaces pour tous les patients. Il existe donc un réel besoin d’améliorer la prise en charge des troubles mentaux, et cela commence par un diagnostic plus précis ».
Le diagnostic actuel est basé sur les réponses du patient à une série de questions, telles que définies dans deux grands manuels : le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) et la CIM (Classification internationale des maladies). Bien que ces manuels constituent actuellement la référence en la matière, les réponses peuvent souvent être subjectives ou vagues, ce qui pose des problèmes de diagnostic et de traitement. De plus, certains symptômes sont communs à différents troubles de santé mentale : « L’anxiété, par exemple, est un symptôme de plusieurs troubles mentaux, chacun devant être traité différemment ».
Un test biologique pour préciser les causes biologiques : cette feuille de route définit les étapes du développement et de l'utilisation systématiques de tests tels que l'IRM, le retour d'information sur smartphone, les analyses sanguines, etc. Ces tests seront à terme intégrés aux tests des manuels de diagnostic actuellement utilisés.
Une coordination à l'échelle mondiale a été mise en place afin de garantir la cohérence des diagnostics et de parvenir à un consensus sur la validité prédictive des nouveaux corrélats biologiques identifiés.
« Nous avons déjà réuni des représentants des principales organisations psychiatriques, des associations de patients et de l'industrie pharmaceutique », concluent les chercheurs.
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