SEXUALITÉ et DYSFONCTION SEXUELLE : Souvent négligées chez le médecin
Les problèmes sexuels souvent négligés chez le médecin, conclut cette équipe de gynécologues obstétriciens de l’Université de Turku (Finlande). L’étude, publiée dans la revue Menopause, souligne la nécessité d'une meilleure communication entre patients et professionnels de santé sur la santé sexuelle, notamment lors des consultations de routine.
Bien que la plupart des femmes et leurs médecins considèrent la santé sexuelle comme essentielle à la santé et à la qualité de vie globale, le sujet est rarement abordé, surtout lors des consultations de routine. Cette étude suggère que les médecins généralistes sont en effet moins susceptibles de poser des questions sur les problèmes sexuels que les obstétriciens-gynécologues pour de nombreuses raisons d’ailleurs, dont le manque de temps ou la nécessité de gérer d’autres problèmes de santé en priorité.
Dans le contexte actuel de soins de santé rapides et rémunérés à l'acte, les patients se plaignent d’ailleurs de ce manque de temps lors de la consultation estimant, pour certains, que leur médecin ne prend pas suffisamment le temps de les connaître et de les interroger sur leur mode de vie. Il s'avère que
« ce sentiment pourrait être plus qu'un simple sentiment ».
L’étude menée auprès de plus de 700 médecins généralistes et gynécologues-obstétriciens révèle que :
- la brièveté de la consultation est bien l'obstacle le plus fréquemment cité par les professionnels de santé mais aussi les patients ;
- le problème sexuel est rarement une priorité lors du rendez-vous ;
- les attitudes et croyances personnelles des médecins comme des patients incitent parfois à reléguer à plus tard des problèmes qui restent « tabou » ;
- le malaise personnel du patient à évoquer ses problèmes sexuels est également un obstacle ;
- le manque de connaissances et de formation du médecin généraliste en médecine sexuelle est fréquent.
Dans tous les cas, les médecins généralistes sont beaucoup plus susceptibles de signaler ces obstacles que leurs homologues gynécologues-obstétriciens et sont donc également moins susceptibles de poser des questions sur les problèmes sexuels lors des échanges avec leurs patients. Le diagnostic des problèmes sexuels féminins est notamment jugé « comme difficile » par les médecins généralistes.
Enfin, l’étude confirme de précédentes recherches ayant suggéré des différences d'attitudes et de pratiques en médecine sexuelle selon le sexe et l'âge. Ainsi, et en général, les femmes médecins apparaissent plus proactives dans l'évaluation des troubles sexuels. C’est également le cas des gynécologues-obstétriciens plus jeunes. En revanche, les médecins généralistes plus âgés semblent plus réticents et moins enclins à diagnostiquer les troubles sexuels.
Quelles implications ? Une formation continue (FMC) est nécessaire pour renforcer la confiance des médecins dans la prise en charge de ces problèmes sexuels. Le fait que les jeunes médecins soient plus susceptibles d'aborder les questions de santé sexuelle est encourageant, mais il reste des lacunes importantes à combler.
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