SSPT : Les images et l’imaginaire en cause
Cette étude, menée par des psychiatres et psychologues du Baycrest Corporate Centre for Geriatric Care (Toronto) insiste sur l’importance de la « vision de l’esprit » dans le développement et la rémanence du syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Les conclusions, présentées dans la revue Clinical Psychological Science vont même au-delà : “ un traumatisme à lui seul ne suffit pas à déclencher le trouble de stress post-traumatique (TSPT), c’est bien la façon dont nous le visualisons et l'imaginons qui le « constitue » ».
La recherche met ainsi en exergue l’imagerie visuelle vive comme facteur majeur de développement du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et de la persistance, sur plus d’un mois après l’exposition à l’événement stressant ou traumatisant, de ses symptômes invalidants de santé mentale. La recherche apporte des preuves de haute qualité de ce lien entre l'imagerie visuelle et l’imaginaire et le SSPT.
L’un des auteurs principaux, le Dr Brian Levine, du Rotman Research Institute, ajoute : « la plupart d'entre nous sommes exposés à des traumatismes à un moment donné, mais seule une minorité va développer un SSPT. Cette recherche permet de mieux comprendre la plus grande résilience de certains et d’améliorer les thérapies et la qualité de vie des plus vulnérables ».
L’étude est menée auprès de 806 participants ayant déclaré avoir été exposés à un traumatisme et qui ont renseigné les circonstances de leur exposition au traumatisme, les symptômes de SSPT, différents aspects de leur santé mentale et les images visuelles et spatiales de l’événement traumatisant. L'imagerie visuelle comportait les caractéristiques physiques des scènes traumatisantes, comme les formes et les couleurs ; l'imagerie spatiale désignait la localisation des éléments dans les scènes. Les chercheurs ont examiné la relation entre les symptômes du SSPT et la force de cette imagerie visuelle et spatiale. Les chercheurs ont enfin confirmé leurs conclusions sur un groupe distincts de 493 participants. L’analyse révèle que :
-
une imagerie visuelle plus vive est associée à une augmentation des symptômes du SSPT, quel que soit l'âge et le sexe du participant ;
- une imagerie spatiale plus intense est associée à une diminution des symptômes du SSPT.
Les chercheurs, psychiatres et psychologues, interprètent ces résultats :
- la capacité à revivre de manière vivante (imagerie visuelle) des événements passés est généralement bénéfique, mais nos résultats indiquent qu'elle peut rendre plus difficile la gestion des séquelles psychologiques d'événements pénibles ou traumatisants ;
- en revanche, plus on est capable de naviguer et de reconnaître la place des choses dans l'espace, y compris dans l'espace de sa vie, moins on risque de développer un SSPT.
Quelles implications pour le psychologue ? La prise en compte des différences individuelles dans ces aspects de la mémoire peut nous aider à prédire quels sont les patients les plus à risque après une exposition à un traumatisme. Un travail sur cette « imagerie » peut également contribuer à traiter le SSPT.
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