STRESS : Les femmes et les hommes y font face différemment
Des scientifiques de l'Université de Floride identifient des différences clés dans les réponses des hommes et des femmes au stress. L’étude, publiée dans la revue Science Advances, révèle pourquoi les hommes et les femmes peuvent percevoir mais aussi réagir au stress différemment. En cause, des mécanismes moléculaires du cerveau spécifiques selon le sexe, en réponse au stress.
L’un des auteurs principaux, le Dr Marco Bortolato, professeur de pharmacodynamique précise : « Les hommes, en général, ont tendance à avoir une plus grande propension à afficher des réactions extérieures et agressives au stress aigu, tandis que les femmes ont une plus grande tendance à intérioriser leurs réponses.
Cette différence contribue à la prévalence plus élevée de l’anxiété et de la dépression chez les femmes ».
Le cerveau produit un neurostéroïde appelé alloprégnanolone (AP) en réponse au stress aigu. Des niveaux élevés de ce stéroïde sont un élément clé de cette réponse initiale au stress du corps, ils aident les individus à s'adapter et à réguler rapidement leurs réactions. Ainsi, face à un danger imminent, des niveaux élevés d'AP vont permettre la concentration pour une réponse efficace.
La production d’alloprégnanolone repose sur une enzyme appelée 5α-réductase, ou 5αR, qui existe sous deux formes principales : 5αR1 et 5αR2.
2 enzymes qui font la différence chez les femmes et chez les hommes :
- 5αR2 est essentielle à la production d’AP pendant le stress,
- 5αR1 aide à maintenir les niveaux de base de ce neurostéroïde essentiel.
L’étude menée sur l’animal révèle le fonctionnement de ces enzymes, mettant en évidence ces différences biologiques dans les réponses au stress entre les hommes et les femmes :
- le stress aigu augmente les niveaux de 5αR2 – mais pas de 5αR1 – dans la région antérieure du cerveau de souris mâles ;
-
les souris femelles ne présentent pas les mêmes changements ;
- il existe ainsi une différence significative selon le sexe dans la façon dont le stress est géré au niveau moléculaire ;
- lorsque les scientifiques réduisent 5αR2 chez les mâles, ils mettent plus de temps à répondre au stress aigu et aux stimuli gratifiants ;
- l’administration d’AP restaure cependant leur capacité de réaction, ce qui souligne l’importance de l’enzyme,
- pendant le stress, l’enzyme 5αR2 stimule la production de protéines dans les neurones et les cellules de soutien du cerveau, ce qui aide le cerveau à s’adapter plus efficacement.
Ces premières conclusions ont des implications majeures pour la médecine personnalisée de la dépression et des troubles anxieux, soulignent les chercheurs, car elles permettent déjà de mieux comprendre pourquoi les femmes sont plus sensibles à la dépression que les hommes.
En fin de compte, ces résultats pourraient guider le développement de médicaments qui modulent spécifiquement les réponses au stress selon le sexe du patient.
« La dépression est la principale cause d'invalidité dans le monde, en grande partie en raison de niveaux croissants de stress chronique. Les antidépresseurs conventionnels mettent 2 à 4 semaines à apporter de premiers résultats. À l'inverse, les traitements à base d'alloprégnanolone pourraient avoir des effets beaucoup plus rapides ».
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