Découvrez nos réseaux sociaux
Actualités

SYNDROME de FATIGUE CHRONIQUE : Pouvoir le lire dans le microbiome intestinal

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 3 jours
Nature Medicine
Le syndrome de fatigue chronique (SFC) un syndrome toujours mal reconnu, mal diagnostiqué et difficilement traité, pourrait « se lire » dans le microbiome intestinal (Visuel Adobe Stock 1602043563)

Le syndrome de fatigue chronique (SFC) un syndrome toujours mal reconnu, mal diagnostiqué et difficilement traité, pourrait « se lire » dans le microbiome intestinal. Ces travaux, menés au Laboratoire Jackson (Connecticut), à l'Université Duke (Caroline du Nord) et au Centre Bateman Horne (Salt Lake City, Utah), publiés dans la revue Nature Medicine, désignent des biomarqueurs dans les bactéries intestinales, les réponses immunitaires et le métabolisme qui présagent du développement de futurs outils de diagnostic.

 

Le syndrome de fatigue chronique (SFC) se caractérise par des symptômes sévères qui altèrent considérablement les activités physiques et mentales du quotidien, notamment une fatigue persistante, des troubles du sommeil, des étourdissements et des douleurs chroniques.

 

Les experts comparent souvent l'EM/SFC au COVID long car ces deux affections font souvent suite à des infections virales, comme le virus d'Epstein-Barr. Aux États-Unis, l'EM/SFC touche entre 850.000 et 3,3 millions de personnes, dont beaucoup ne sont pas diagnostiquées. Alors que ces millions de personnes atteintes d’encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique (EM/SFC) voient cette maladie invalidante souvent négligée en raison du manque d’outils diagnodtiques, en décryptant comment la maladie perturbe les interactions entre le microbiome, le système immunitaire et le métabolisme, cette recherche ouvre la voie à de nouveaux diagnostics et probablement à de nouveaux traitements.

 

En d’autres termes, le syndrome de fatigue chronique (SFC) pourrait laisser des empreintes biologiques détectables. Ces résultats sont également pertinents pour le COVID long en raison de la similitude de ses symptômes avec ceux de l’EM/SFC, soulignent les auteurs.

 

L’étude analyse les données de 249 participants, à l’aide d’une nouvelle plateforme d’intelligence artificielle (IA) qui identifie les biomarqueurs de la maladie à partir des selles, du sang et d’autres analyses de laboratoire de routine, tout en prenant en compte les symptômes cliniques aux technologies omiques de pointe.

 

« Relier les symptômes à ce niveau est crucial, car l'EM/SFC est très variable. Les patients présentent un large éventail de symptômes, dont la gravité et la durée varient, et les méthodes actuelles ne permettent pas de saisir pleinement cette complexité ».

 

Ainsi, ce nouvel outil intègre

la métagénomique intestinale, la métabolomique plasmatique, les profils de cellules immunitaires, les données d'analyses sanguines et les symptômes cliniques

de 153 patients et 96 personnes en bonne santé, suivis durant 4 ans.

  • L'analyse des cellules immunitaires s'avère la plus précise pour prédire la gravité des symptômes ;
  • l’analyse des données du microbiome permet de mieux prédire les troubles gastro-intestinaux, émotionnels et les troubles du sommeil ;
  • l'EM/SFC est associée à des taux plus faibles de butyrate, un acide gras bénéfique produit par l'intestin, ainsi que d'autres nutriments essentiels au métabolisme, au contrôle de l'inflammation et à l'énergie ;
  • l'EM/SFC est associée à des taux élevés de tryptophane, de benzoate et d'autres marqueurs eux-mêmes associés à un déséquilibre microbien, des réponses inflammatoires accrues, impliquant notamment les cellules MAIT sensibles à la santé microbienne intestinale ;
  • Finalement, le nouvel outil diagnostic « combiné » permet de détecter et distinguer le SFC avec une précision de 90 %,

ce qui est essentiel alors que les médecins manquent actuellement de biomarqueurs fiables pour le diagnostic.

 

Même si ces résultats nécessitent une validation plus approfondie, ils font progresser considérablement la compréhension de l'EM/SFC et fournissent des hypothèses plus claires pour les prochaines recherches.

 

« Le microbiome et le métabolome sont dynamiques. Cela signifie aussi qu’il devrait être possible d'intervenir – par le biais de l'alimentation, du mode de vie ou de thérapies ciblées – pour réduire les symptômes du SFC ».

Plus sur le Blog Diagnostic

Autres actualités sur le même thème

ABONNEMENT PREMIUM

Accédez sans limite à plus de 15 000 actualités