TRANSFUSION SANGUINE : Sur l'effet pervers de la caféine
Cette étude menée par une équipe du University of Colorado Anschutz Medical Campus révèle ou rappelle que la caféine pourrait nuire à l'efficacité des transfusions sanguines. Pourquoi ? La caféine, la substance psychoactive la plus consommée au monde, pourrait altérer la qualité du sang et réduire l'efficacité des transfusions chez les receveurs dont le métabolisme des globules rouges est influencé par une variante génétique courante.
L’un des auteurs principaux, le Dr Angelo D’Alessandro, professeur de biochimie à l'Université du Colorado, précise : « nous connaissons depuis longtemps les effets de la caféine sur le cerveau et le système nerveux central (SNC), mais notre étude est la première menée à grande échelle à démontrer l’impact de la caféine sur la biologie des globules rouges ».
La tasse de café du matin pourrait avoir des conséquences importantes sur la qualité du sang
L'étude, nommée REDS RBC-Omics, a analysé des échantillons de plus de 13.000 participants donneurs de sang. L’analyse révèle que :
- une concentration sanguine élevée de caféine est liée à des globules rouges plus sensibles aux dommages pendant la conservation et moins efficaces après la transfusion ;
- en milieu clinique, les transfusions de globules rouges contenant des concentrations relativement élevées de caféine ont entraîné une augmentation plus faible du taux d'hémoglobine chez les patients receveurs et une augmentation des signes de dégradation des globules rouges (hémolyse) ;
- ces effets négatifs se révèlent particulièrement prononcés chez les receveurs de transfusion et les donneurs de sang porteurs de variants courants du gène ADORA2b, qui régule le fonctionnement des globules rouges en conditions de faible teneur en oxygène.
Il s’agit donc d’adopter une nouvelle approche plus individualisée de la transfusion sanguine, concluent les chercheurs, qui appellent donc à
prendre en compte non seulement le groupe sanguin, mais aussi les facteurs liés au mode de vie et les facteurs génétiques,
l’ensemble de ces caractéristiques pouvant donc influencer la qualité des globules rouges.
Enfin, prenant en compte la courte demi-vie biologique de la caféine, de simples modifications alimentaires transitoires au moment du don de sang pourraient atténuer son impact négatif, conformément aux recommandations de plusieurs pays européens en matière de don de sang.
« En effet, une consommation modérée de caféine peut augmenter transitoirement la pression artérielle et le tonus vasculaire du donneur, facilitant ainsi l'accès veineux et l'efficacité du prélèvement sanguin. Cependant, cet avantage doit être mis en balance avec les légères propriétés diurétiques de la caféine, qui peuvent prédisposer les donneurs à la déshydratation, un facteur de risque établi d'événements indésirables liés au don et de diminution de la circulation sanguine pendant le prélèvement ».
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