TUBERCULOSE : S’attaquer aux cellules zombies persistantes ou dormantes
Cette nouvelle avancée, d’une équipe de biologistes et de pneumologues de l’Université de Surrey qui permet d’éliminer les cellules tuberculeuses « zombies » résistantes aux antibiotiques débouche d’ores et déjà sur le développement de nouveaux médicaments. Ces travaux, présentés dans les Scientific Reports, apportent l’espoir de « venir à bout » de ces cellules dormantes qui caractérisent cette résistance croissante de la tuberculose (TB) aux médicaments.
L’objectif est donc bien d’éradiquer les cellules tuberculeuses « zombies » de la tuberculose, persistantes et résistantes aux traitements antibiotiques. Une fois les médicaments éliminés, elles se « réveillent » et peuvent déclencher des infections récurrentes, souvent mortelles. L'élimination de ces cellules zombies nécessite actuellement de longs mois de polythérapie, avec dans de nombreux cas, des échecs via des rechutes une augmentation de la résistance aux antimicrobiens (RAM).
L’étude a consisté à exposer une vaste banque de plus de 500.000 bactéries tuberculeuses génétiquement modifiées à 2 antibiotiques couramment utilisés : la rifampicine et la streptomycine. L'exposition a été suffisamment longue pour que les survivants soient principalement des cellules persistantes ou « cellules zombies ». L’analyse de ces cellules a permis d’identifier les gènes pouvant influer sur le nombre de cellules zombies survivantes.
Ces gènes essentiels jouent des rôles différents :
- certains affaiblissaient la paroi bactérienne protectrice, d'autres activent une forme d'autodestruction bactérienne, et d'autres perturbent l'équilibre métabolique de la cellule.
- Chacune de ces voies moléculaires offre une stratégie possible pour éliminer les cellules persistantes de la TB.
- Le développement de nouvelles thérapies imitant les fonctions de ces gènes est déjà en cours.
L’un des auteurs principaux, le Dr Suzie Hingley-Wilson, maître de conférences en bactériologie à l'Université de Surrey, conclut : « En dépit de son ampleur, la tuberculose est véritablement une pandémie oubliée.
La TB tue 1,3 million de personnes chaque année en raison de ces souches persistantes.
Il s'agit d'un petit groupe de bactéries phénotypiquement résistantes aux médicaments qui survivent aux traitements antibiotiques et entraînent l'échec du traitement ».
Des mutations dans certains gènes identifiés sont d’ailleurs découvertes dans des souches de tuberculose provenant de patients ne répondant pas au traitement. Ces mécanismes observés en laboratoire reflètent bien ce qui se passe lors d'infections réelles.
Cette recherche révolutionnaire et l’identification de ces gènes pourraient conduire à de nouveaux médicaments ciblant les bactéries persistantes, raccourcissant ainsi les schémas thérapeutiques et réduisant à la fois les coûts de traitement et le fardeau de la résistance aux antimicrobiens (RAM).
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