Découvrez nos réseaux sociaux
Actualités

VIEILLISSEMENT en BONNE SANTÉ : Tout ce qu’il faut savoir pour vivre mieux et plus longtemps

Actualité publiée il y a 1 année 4 jours 3 heures
Frontiers of Medicine
Mieux comprendre le vieillissement en bonne santé, mieux identifier les facteurs impliqués devient un objectif majeur de la recherche en santé, avec le vieillissement général des populations (Visuel Adobe Stock 1288500136)

Mieux comprendre le vieillissement en bonne santé, mieux identifier les facteurs impliqués devient un objectif majeur de la recherche en santé, avec le vieillissement général des populations. Cette équipe de biologistes, d’épidémiologistes et de scientifiques de la Chinese Academy of Sciences (Kunming), nous livre, dans la revue Frontiers of Medicine, un aperçu complet des déterminants multifactoriels de la longévité humaine.

 

Le vieillissement en bonne santé et la longévité sont des phénomènes complexes influencés par une interaction dynamique de facteurs génétiques, épigénétiques, métaboliques, immunitaires et environnementaux. Les personnes âgées, en particulier les centenaires, constituent des modèles précieux pour comprendre ces mécanismes. Cette synthèse des connaissances actuelles met en exergue

les déterminants multidimensionnels d’une longévité exceptionnelle et donc d’un vieillissement en bonne santé.

 

Les centenaires, un modèle pour la science : la recherche part en effet des facteurs de tous types observés chez les personnes survivant au-delà de 90 ans, caractérisées par une morbidité réduite, un retard d'apparition des maladies chroniques et la préservation des fonctions physiologiques. Ces centenaires sont plus nombreux dans des « zones de longévité », comme à Okinawa et en Sardaigne, où le mode de vie et les facteurs environnementaux interagissent avec les prédispositions génétiques. Les différences entre les sexes ont déjà été mises en évidence : les femmes constituant la majorité des centenaires, les hommes centenaires ayant quant à eux tendance à présenter moins de maladies liées à l'âge.

 

Des parcours hétérogènes vers la longévité : ces centenaires peuvent avoir échappé à la maladie, avoir bénéficié d’un retard de maladies liées à l’âge, ou encore avoir survécu à la maladie, ce qui reflète des voies hétérogènes vers la longévité.

L’interaction complexe de tous types de facteurs :

  • Les facteurs génétiques contribuent significativement à la longévité qui comprend donc une lourde composante héréditaire : les principaux variants génomiques d’influence comprennent APOE ε2 (protecteur contre les maladies cardiovasculaires et la maladie d'Alzheimer), FOXO3A (lié à la résistance au stress oxydatif et à la réparation de l'ADN) et SIRT6 (impliqué dans la maintenance du génome). Certains haplo groupes mitochondriaux (séries d'allèles) tels que J et D sont associés à une réduction du stress oxydatif, tandis que les gènes de maintien des télomères (hTERT, TERC) assurent la stabilité des chromosomes. Enfin, des études d'association pangénomique (GWAS) on mis en évidence le rôle majeur d’APOE et de FOXO3A.

 

  • Les facteurs épigénétiques, qui font le lien entre génétique et environnement, ont été mis en lumière plus récemment : ainsi, les centenaires présentent des profils de méthylation de l'ADN spécifique, avec un retard de la perte de méthylation liée à l'âge ce qui pourrait stabiliser l'intégrité du génome. Les ARN non codants, tels que miR-363* et les lncRNA THBS1-IT1/AS1, régulent la sénescence cellulaire et l'expression des gènes, contribuant ainsi à un vieillissement en bonne santé. Ces signatures épigénétiques sont corrélées à un âge biologique plus jeune et à un risque réduit de maladie.

 

  • Les facteurs métaboliques dont un métabolisme lipidique favorable (faible taux de cholestérol LDL, élevé taux de HDL), une résistance à l'insuline réduite et une capacité antioxydante accrue, certains facteurs endocriniens tels que de faibles taux d'hormones thyroïdiennes et la préservation des hormones sexuelles (œstradiol chez les femmes, testostérone chez les hommes) sont aujourd’hui bien connus pour jouer un rôle protecteur. La restriction calorique est aujourd’hui une intervention de longévité bien documentée, qui imite les états métaboliques de ces personnes extrêmement âgées. Enfin, les mimétiques de la restriction calorique, tels que la metformine et le resvératrol, semblent capables, au moins dans une certaine mesure, d’offrir ces bénéfices à l'Homme sans restriction alimentaire.

 

  • Les facteurs immunitaires, moins évoqués, jouent également un rôle clé : la réduction de l'inflammation chronique, la préservation de la fonction des cellules immunitaires, des taux d'IL-6 plus faibles, des taux plus élevés de TGF-β et d'IL-10 (cytokines anti-inflammatoires), une meilleure prolifération des lymphocytes T et une activité des cellules tueuses naturelles maintenues en dépit de l’âge, contribuent aussi à la résistance à la maladie et à la longévité.

 

  • Les facteurs environnementaux et de mode de vie sont tout aussi essentiels : le microbiote intestinal des centenaires présente ainsi une diversité et un enrichissement accrus en taxons bénéfiques pour la santé, comme Akkermansia muciniphila et Bifidobacterium, qui renforcent la fonction de barrière intestinale et produisent des métabolites anti-âge. L’alimentation lorsqu’elle est riche en légumes, céréales complètes et noix est corrélée à une diminution des maladies liées à l’âge, dont le diabète, la maladie cardiovasculaire et la neurodégénérescence. Une activité physique régulière, en particulier l'endurance et la musculation, améliore la santé métabolique et prolonge la durée de vie grâce à des mécanismes tels que la biogenèse mitochondriale et la réduction du stress oxydatif. Parmi les autres facteurs clés liés au mode de vie, il faut également citer l'abstinence tabagique, une consommation modérée d'alcool et, à nouveau, une alimentation équilibrée.

Les soins de santé contribuent aussi à augmenter l'espérance de vie moyenne.

En résumé, la longévité humaine résulte d'une interaction synergique entre résilience génétique, stabilité épigénétique, adaptabilité métabolique, équilibre immunitaire et modes de vie sains. Tous ces facteurs, dont certains modifiables ou évitables ont donc bien leur rôle à jouer,

Même si les facteurs génétiques et épigénétiques sont bien ceux qui déterminent la longévité exceptionnelle.

Autres actualités sur le même thème

ABONNEMENT PREMIUM

Accédez sans limite à plus de 15 000 actualités