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VIH : Le vaccin XXL à libération prolongée qui recrute plus de lymphocytes B

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 6 jours
Science Translational Medicine
Après le vaccin universel, un vaccin XXL à libération prolongée, qui pourrait offrir une protection efficace dès la première dose (Visuel Adobe Stock 395689086)

Après le vaccin universel, le vaccin à administration fractionnée, un vaccin XXL à libération prolongée, qui pourrait offrir une protection efficace dès la première dose. Ce concept est l’objet des recherches de bioingénieurs du Massachusetts Institute of Technology qui présentent, dans la revue Science Translational Medicine un candidat vaccin contre le VIH associé à 2 adjuvants, capable de générer beaucoup plus de lymphocytes B ciblant le VIH. La démonstration de son efficacité est effectuée à ce stade chez la souris.

 

L’étude, menée au MIT et au Scripps Research Institute (San Diego) démontre que le candidat vaccin induit une forte réponse immunitaire contre le VIH dès la première dose, grâce à ces 2 puissants adjuvants, des substances qui stimulent le système immunitaire.

 

  • appliquée à des souris modèles d’infection à VIH, cette approche vaccinale produit une diversité d'anticorps bien plus importante contre un antigène du VIH vs un vaccin administré seul ou avec un seul adjuvant ;
  • le candidat vaccin à double adjuvant s'accumule dans les ganglions lymphatiques et y reste jusqu'à 1  mois,
  • ce qui permet au système immunitaire de produire un nombre bien plus important d'anticorps contre la protéine du VIH.

 

Vers une nouvelle stratégie vaccinale à administration unique : l’approche semble en effet adaptable à de nombreuses maladies infectieuses au-delà du VIH, affirment les chercheurs : « notre approche est compatible avec de nombreux vaccins à base de protéines, ce qui offre la possibilité de concevoir de nouvelles formulations pour ces types de vaccins contre un large éventail de maladies, telles que la grippe, le SARS-CoV-2 ou d'autres pandémies », précise l’un des auteurs principaux, J. Christopher Love, professeur de génie chimique au MIT, et membre du Koch Institute for Integrative Cancer Research et du Ragon Institute du MGH, du MIT et de Harvard.

 

Vers des vaccins plus puissants : la plupart des vaccins sont administrés avec des adjuvants, qui contribuent à stimuler une réponse immunitaire plus forte à l'antigène.

 

  • L'hydroxyde d'aluminium, également appelé alun, est un adjuvant couramment utilisé dans les vaccins à base de protéines, notamment ceux contre les hépatites A et B. Cet adjuvant active la réponse immunitaire innée, aidant ainsi l'organisme à développer une mémoire plus forte de l'antigène vaccinal ;
  • Un autre adjuvant à base de saponine, approuvé par la FDA, dérivé de l'écorce du savonnier du Chili combiné à une molécule appelée MPLA, qui favorise l'inflammation, sous forme de nanoparticule, appelée SMNP, ajoute en efficacité ;
  • La combinaison de l'alun et de SMNP permet enfin de générer des réponses immunitaires encore plus puissantes, en particulier celles des lymphocytes B : le SMNP et l'alun aident l'antigène du VIH à pénétrer la couche protectrice des cellules entourant les ganglions lymphatiques sans être fragmenté. Les adjuvants permettent aux antigènes de rester intacts dans les ganglions lymphatiques jusqu'à 28 jours.
  • Ainsi, les lymphocytes B circulant dans les ganglions lymphatiques sont constamment exposés à l'antigène pendant cette période, ce qui leur permet d'affiner leur réponse à l'antigène.

 

En fait, l’approche reproduit ce qui se passe lors d'une infection naturelle, expliquent les scientifiques, « lorsque les antigènes peuvent rester dans les ganglions lymphatiques pendant des semaines, donnant à l'organisme le temps de développer une réponse immunitaire ».

 

Un répertoire beaucoup plus diversifié de lymphocytes B et d'anticorps : c’est un autre avantage de ce vaccin superpuissant : le séquençage de l'ARN monocellulaire des lymphocytes B des souris vaccinées révèle que :

 

  • les souris ayant reçu le vaccin à double adjuvant produisent 2 à 3 fois plus de lymphocytes B uniques que celles n'ayant reçu qu'1 seul des adjuvants.
  • cette augmentation du nombre et de la diversité des lymphocytes B augmente les chances que le vaccin génère des anticorps largement neutralisants, capables de reconnaître diverses souches d'un virus donné, comme le VIH.

 

L'utilisation combinée de ces deux adjuvants pourrait également contribuer au développement de vaccins plus puissants contre d'autres maladies infectieuses,

mais avec une seule dose.

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