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VITAMINE D : Découverte d’un gène essentiel à son absorption

Actualité publiée il y a 1 année 1 semaine 6 jours
Frontiers in Endocrinology
Ces travaux sont non seulement cruciaux pour restaurer ou favoriser l'absorption intestinale de la vitamine D mais vont contribuer à la découverte de traitements contre le cancer et les maladies auto-immunes (Visuel Adobe Stock 1576251048)

Cette découverte d’un gène essentiel à l'absorption de la vitamine D, par une équipe d’endocrinologues de l’Hamad Bin Khalifa University (Qatar) est riche d’implications : ces travaux, publiés dans la revue Frontiers in Endocrinology, sont non seulement cruciaux pour restaurer ou favoriser l'absorption intestinale de la vitamine D mais vont contribuer à la découverte de traitements contre le cancer et les maladies auto-immunes.

 

La vitamine D est non seulement un nutriment essentiel, mais aussi le précurseur de l'hormone calcitriol, indispensable à la santé : elle régule l'absorption intestinale du phosphate et du calcium nécessaires à la formation des os, ainsi qu’à la croissance cellulaire et le bon fonctionnement des muscles, des cellules nerveuses et du système immunitaire.

 

L’auteur principal, le Dr Georges Nemer, professeur et doyen associé à l'Université Hamad Bin Khalifa, résume : « nous démontrons ici que le blocage ou l'inhibition de SDR42E1 pourrait stopper sélectivement la croissance des cellules cancéreuses ». Ainsi, la découverte de ce gène clé ouvre de nouvelles perspectives prometteuses pour la médecine de précision notamment via l’édition du génome CRISPR/Cas9- qui pourrait être utilisée pour cibler ce gène.

SDR42E1, carence en vitamine D et risque de cancer

De précédentes recherches de la même équipe avaient révélé une mutation spécifique du gène SDR42E1, situé sur le chromosome 16, associée à une carence en vitamine D. Cette mutation entraîne une coupure de la protéine, la rendant inactive.

 

L’étude confirme ainsi le rôle crucial de SDR42E1 pour l'absorption intestinale de la vitamine D et son métabolisme mais montre également, en utilisant la technique d'édition génique CRISPR/Cas9 que :

 

  • la transformation de la forme active de SDR42E1 dans une lignée de cellules d'un patient atteint d'un cancer colorectal en sa forme inactive, permet de supprimer la viabilité des cellules cancéreuses – dont la concentration chute de 53 % ;
  • cette modification génique induit, en aval celle de 4 663 gènes dont le niveau d'expression est ainsi modifié, ce qui suggère que SDR42E1 joue un rôle clé dans de nombreuses réactions nécessaires à la santé ;
  • nombre de ces gènes sont d’ailleurs impliqués dans la signalisation cellulaire liée au cancer, ainsi que dans l'absorption et le métabolisme des molécules apparentées au cholestérol, ce qui concorde avec le rôle central de SDR42E1 dans la synthèse du calcitriol.

Pris ensemble, ces résultats suggèrent que

l'inhibition du gène peut tuer sélectivement les cellules cancéreuses,

tout en préservant les cellules voisines saines.

Ces travaux annoncent de nouvelles perspectives en oncologie de précision, relèvent les chercheurs.

 

Une voie possible aussi pour renforcer les niveaux de vitamine D : en effet, priver certaines cellules de vitamine D n'est pas la seule application possible, l’augmentation artificielle des niveaux de SDR42E1 dans les tissus locaux et toujours par génie génétique, pourrait également être bénéfique, en exploitant les nombreux effets connus du calcitriol sur la santé.

 

« Parce que SDR42E1 est impliqué dans le métabolisme de la vitamine D, nous pourrions également le cibler dans de nombreuses maladies où la vitamine D joue un rôle régulateur » concluent les auteurs.

 

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