CHUTES du PATIENT ÂGÉ : Le ralentissement du mouvement du bras en dit long
Amplitude du pas, vitesse de la marche, il existe déjà quelques marqueurs simples prédictifs du risque de chute chez le patient âgé. Cette étude menée par une équipe de gériatres de l’Université de l'Arizona et présentée dans les Scientific Reports, non seulement révèle que le ralentissement des mouvements des bras est associé à un risque accru de chute chez les personnes âgées, que c’est un bon marqueur prédictif du risque, mais suggère aussi des interventions de kinésithérapie visant à renforcer les bras afin de prévenir les chutes chez ce groupe de patients à risque élevé.
Lorsqu'une personne commence à perdre l'équilibre, son réflexe est de lever les bras pour retrouver l'équilibre.
Ce ralentissement du mouvement du bras chez certaines personnes âgées de plus de 65 ans pourrait être « fatal » en cas de perte d’équilibre.
« Notre recherche est aussi la première à se concentrer sur ces mouvements du bras, susceptibles donc de contribuer à réduire l'incidence des fractures », explique l'auteur principal, Jonathan Lee-Confer, professeur à l'Université de l'Alberta et au Collège de santé publique Enid Zuckerman. Avec son équipe, il s’est spécialisé sur l’étude de la marche chez les personnes âgées, « qui perdent de la masse musculaire au niveau des épaules, nécessaires à ces mouvements du bras ».
L’étude analyse les données recueillies auprès de 2 groupes de personnes, le premier ayant une moyenne d'âge de 26 ans et le second, un âge moyen de 72 ans. L’analyse constate que :
- tous les participants réalisent une abduction (mouvement qui consiste à écarter le bras du corps) maximale du bras comparable en cas de perte d’équilibre ;
- cependant, le groupe des personnes âgées était en moyenne 58 % plus lent à effectuer ce geste ;
- de plus des expériences montrent que des mouvements correctifs des bras plus rapides et plus puissants permettent de limiter les autres mouvements du corps en cas de perte d’équilibre, 1/25 de seconde sur le déplacement latéral pouvant mettre en jeu l’efficacité du mouvement ;
- ainsi, si une personne est retardée dans ce mouvement de bras, elle risque de tomber sur le côté, ce type de chutes étant associé aux fractures de la hanche.
Quelles implications ? Un déplacement ralenti du bras peut annoncer un risque plus élevé de chute. Des interventions qui viseraient à renforcer les bras permettraient d’améliorer les réactions d'équilibre et de réduire ce risque de chute, et de fracture de la hanche.
Les chercheurs continuent leurs expériences afin de valider cette approche en kinésithérapie et de l’intégrer aux programmes existants de prévention des chutes qui renforcent les jambes.
« Nous apprécions l'idée de pouvoir offrir à quelqu'un des années de vie supplémentaires en bonne santé et en toute autonomie ».
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