Découvrez nos réseaux sociaux
Actualités

IPP : Utilisation prolongée, quels risques pour la santé ?

Actualité publiée il y a 1 année 2 semaines 1 jour
Cette analyse de la littérature met à nouveau en garde contre l'utilisation prolongée d'inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) et rappelle qu’elle est associée à des risques sévères pour la santé (Visuel Adobe Stock 688969797)

Cette équipe de l'Université Jiao Tong (Shanghai) met à nouveau en garde contre l'utilisation prolongée d'inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) et rappelle qu’elle est associée à des risques sévères pour la santé. Ce bilan synthétique des effets indésirables de cette utilisation prolongée doit sensibiliser au fait que si les IPP restent essentiels pour la suppression de l’acidité gastrique, leur utilisation à long terme exige une prudence accrue en raison de ces risques systémiques multiples.

 

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont des médicaments largement prescrits pour les troubles liés à l'acidité gastrique comme le RGO et les ulcères gastroduodénaux, déjà associés à des effets indésirables importants en cas d'utilisation prolongée.

 

L’étude, une nouvelle revue de la littérature met en évidence de multiples risques, notamment :

 

  • infections : vulnérabilité accrue à Clostridium difficile et à la pneumonie due à une perturbation du microbiome intestinal et à une perméabilité de la barrière gastrique ;
  • impact neurologique : un lien avec la démence est suggéré, médié par une clairance bêta-amyloïde altérée, une carence en vitamine B12 et une synthèse réduite de l’acétylcholine ;
  • fragilité osseuse : le risque de fractures est accru en raison d’une malabsorption du calcium et d’une perturbation du remodelage osseux (inhibition des canaux TRPM6/7) ;
  • maladie rénale : L’association est suggérée avec la néphrite interstitielle aiguë, l’insuffisance rénale chronique (IRC) et des calcifications vasculaires exacerbées par l’hypomagnésémie ;
  • troubles métaboliques : sont également documentés, un risque accru de diabète de type 2 et de syndrome métabolique, probablement dû à une altération de l’homéostasie du magnésium et à une interférence avec la voie du monoxyde d’azote.

Les IPP sont souvent surprescrits, 50 à 90 % des patients hospitalisés les reçoivent sans indication claire.

Alors quelles recommandations cliniques ?

 

  • une utilisation à court terme, limitée à 4 à 8 semaines en cas de RGO/ulcères ;
  • une surveillance comportant des contrôles réguliers du magnésium, de la vitamine B12 et de la fonction rénale chez les utilisateurs à long terme ;
  • un recours aux alternatives comme aux anti-H2 (antagonistes des récepteurs H2 de l'histamine qui signale à l'organisme qu'il doit produire de l'acide gastrique) ou à des changements du mode de vie lorsque cela est possible.

 

Ainsi, comme pour tout médicament efficace, donc qui comporte un risque d’effets indésirables, l’heure est à « la prescription judicieuse des IPP, en insistant sur des évaluations personnalisées du rapport risques-bénéfices afin de limiter les risques de complications généralisées ».

Autres actualités sur le même thème

ABONNEMENT PREMIUM

Accédez sans limite à plus de 15 000 actualités