La PERSONNALITÉ détermine aussi le choix d’un exercice adapté
A l’ère de la lutte contre la sédentarité et de la sensibilisation à la pratique de l’exercice, à la fois pour la santé physique, mentale et cognitive, cette équipe de psychologues de University College London relève l’importance de la personnalité pour le choix d’un exercice adapté. Car le secret de l’efficacité de ce facteur majeur d’un mode de vie sain, réside aussi dans son observance, qui suppose d’apprécier la forme d’exercice pratiquée. L’étude, publiée dans la revue Frontiers in Psychology sensibilise, pour la première fois, à l’importance de cette dimension « plaisir ».
En d’autres termes, se tenir à la pratique régulière et à long terme d’une activité physique pourrait et devrait être aussi simple que de pratiquer une activité que l'on aime pratiquer ! Une conclusion qui rejoint celle de précédentes recherches ayant montré que les personnalités des sportifs varient selon les sports pratiqués. En revanche, et jusqu’à cette étude, l'influence de la personnalité sur les types d'exercices que chacun peut apprécier restait moins claire.
Ici, pour évaluer la personnalité des participants, l’équipe utilise le modèle « Big 5 », basé sur 5 traits majeurs :
- Extraversion : le niveau d’énergie, d’ouverture et de sociabilité d’un individu, y compris son besoin de compagnie et de stimulation externe ;
- Sympathie : implique des qualités liées à la coopération, à la confiance, à la compassion et à la bienveillance envers autrui.
- Conscience : reflète des qualités telles que l’ordre, la fiabilité et la volonté d’atteindre des objectifs grâce à une planification rigoureuse et à la persévérance.
- Névrosisme : mesure la stabilité émotionnelle et la tendance à ressentir des émotions négatives comme l’anxiété, les sautes d’humeur ou l’irritabilité.
- Ouverture : décrit la volonté d’une personne de tenter de nouvelles expériences, sa curiosité pour le monde et son imagination.
L’étude examine, sur la base du Big 5, si les traits de personnalité individuels correspondent au plaisir de pratiquer différents types d'exercices, à l’observance et à l'impact de l’exercice sur la condition physique. L’étude est menée auprès de 132 volontaires, de niveaux de condition physique et d'horizons variés, répartis soit pour suivre un programme de cyclisme et de musculation de 8 semaines (groupe d'intervention), soit pour faire partie du groupe témoin, au repos.
Les niveaux de condition physique des participants ont été évalués à l’inclusion, dont la force musculaire et la capacité maximale en oxygène (test VO2 max), le niveau de stress perçu sur une échelle de 1 à 10. Pendant la séance d'exercice, les participants devaient évaluer le plaisir qu'ils prenaient. Sur les 132 participants, 86 ont terminé l’étude. L’analyse révèle que :
- tous les participants ayant achevé l’étude, ont gagné en forme et en force, quelle que soit leur personnalité ;
- plusieurs corrélations sont observées entre le type d'exercice et les traits de personnalité, notamment le plaisir des extravertis à pratiquer des exercices de haute intensité ;
- la préférence des personnes présentant un névrosisme à pratiquer sur de plus courtes périodes d'activité plutôt que d’avoir à fournir des efforts prolongés ; ces personnes préfèrent également ne pas être surveillées et apprécient de disposer d'un espace d'indépendance et d'intimité lors de leur exercice ;
- les personnes consciencieuses qui ont naturellement tendance à maintenir une condition physique équilibrée, ont également tendance à obtenir de meilleurs résultats en aérobie et en renforcement musculaire. Cependant, ce trait n’apparaît pas associé à un plaisir accru avec une forme d'exercice spécifique. Cela s’explique par le fait que les personnes consciencieuses ont tendance à être motivées par les bénéfices de l'activité plutôt que par le plaisir qu'elle procure.
Ainsi, il existe
des liens clairs entre les traits de personnalité et le type d'exercice à préférer
par chacun, ce qui suggère aussi que les professionnels de santé prennent en compte la personnalité de leurs patients dans leurs recommandations de pratique d’une activité physique.
des liens, également, entre la personnalité et l’impact de l'exercice sur le stress :
Au début de l'étude, les niveaux de stress du groupe d'intervention et du groupe témoin étaient similaires. Cependant, les seuls groupes à présenter une réduction significative du stress après l'exercice sont les participants à niveau élevé de névrosisme.
On retiendra qu'un des facteurs les plus importants, pour la majorité d’entre nous, est d’opter pour un exercice « plaisir » ce qui favorise une pratique régulière et une observance à long terme.
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